Vendredi 7 novembre 2008 5 07 /11 /Nov /2008 14:12

Il serait temps que cette seule course aux profits s'arrête, avant de ne faire encore plus de victimes. Non seulement, après des années d'utilisation, le bien fondé de ces semences n'est pas avéré, mais c'est l'effet inverse qui domine. Après l'Amérique latine (Brésil et Argentine notamment), c'est à l'Inde.


Source : Contre Info

Publication originale : Daily Mail, traduction : Les amis de la terre.

 

Inde : Des milliers de cultivateurs se suicident, ruinés par les OGM

5 novembre 2008

Andrew Malone a rencontré les proches de Shankara Mandaukar, un cultivateur indien qui a choisi de mettre fin à ses jours, incapable de rembourser les dettes qu’il avait souscrites pour acheter des semences OGM. Certains estiment à 125 000 le nombre de paysans indiens qui auraient choisis eux aussi de mettre fin à leurs jours. Récolte après récolte, en raison des aléas climatiques mais également du rendement inférieur à ce que promettaient les vendeurs de semences, le fardeau de la dette accumulée a acculé ces hommes au désespoir.

Lorsque le Prince Charles a affirmé que des milliers de paysans indiens se suicidaient après avoir utilisé des OGM, il lui fut reproché de jouer sur la peur. En fait, comme le montre cette enquête, c’est encore pire que ce que l’on craignait.

Par Andrew Malone, Daily Mail, 3 novembre 2008

Les enfants étaient inconsolables. Prostrés dans le silence, sous le choc, et luttant pour retenir leurs larmes, ils se blottissaient contre leur mère, tandis que les amis et voisins préparaient le corps de leur père pour la crémation sur le bûcher embrasé, situé sur le sol craquelé et nu des champ derrière leur maison.

Tandis que les flammes consumaient le cadavre, l’avenir qui attend Gajanan, 12 ans et Kalpana, 14 ans est très sombre. Alors que Shankara Mandaukar avait espéré que son fils et sa fille auraient une vie meilleure grâce au boom économique que connaît l’Inde, ce qui les attend, c’est un travail d’esclave pour quelques centimes par jours. Désormais sans terre et sans toit, ils feront partie des plus pauvres, parmi les pauvres.

Shankara était un paysan respecté, un bon mari et un bon père, mais il s’est suicidé. Moins de 48 heures auparavant, et confronté à la perte de ses terres pour cause de dettes, il a bu un pesticide chimique.

Dans l’incapacité de payer l’équivalent de deux années de revenus, il était désespéré et ne voyait plus aucune issue

Sur le sol, on pouvait encore voir les traces qu’il avait laissées lorsqu’il se tordait, agonisant. D’autres paysans avaient regardé - sachant par expérience que toute intervention serait vaine - plié en deux sur le sol, hurlant de douleurs et vomissant.

Gémissant, il avait rampé jusque sur un banc devant sa petite maison située à 180 km de Nagpur en Inde Centrale. Une heure plus tard, tout son cessa et sa respiration s’est arrêtée. A 5 heures, ce dimanche la vie de Shandakar Mandaukar avait cessé.

Alors que les voisins se rassemblaient pour prier devant la maison familiale, Nirmanan Mandaukar, 50 ans, leur raconta comment elle était revenue précipitamment des champs pour trouver son mari mort. « C’était un mari aimant et attentionné » dit elle en pleurant. « Mais il n’en pouvait plus. L’angoisse psychologique était trop forte. Nous avons tout perdu. »

La récole de Shankara a été mauvaise deux fois. Bien sûr la famine et les épidémies font partie de la vieille histoire de l’Inde. Mais la mort de ce paysan respecté est due à quelque chose de bien plus moderne et sinistre : les plantes modifiées génétiquement.

On a promis à Shandakar comme à des millions d’autres paysans comme lui, des récoltes et des rentrées d’argent incroyables, s’il passait de la culture de semences traditionnelles à la culture de semences GM. Séduit par ces promesses de richesses futures, il a emprunté l’argent afin d’acheter des semences transgéniques. Mais les récoltes ne furent pas au rendez-vous et il se retrouva dans la spirale de l’endettement et sans revenu.

Shankara n’est qu’un de ces fermiers - on estime leur nombre à 125 000 - à se suicider à cause de cette offensive brutale qui utilise l’Inde comme champ d’essais pour OGM.

Cette crise appelée « Génocide OGM » par les militants a reçu un coup de projecteur lorsque récemment, le Prince Charles affirma que la question des OGM était « une question morale mondiale » et que le moment de mettre une fin à son avancée inexorable était venu.

S’adressant par vidéo à une conférence qui se tenait dans la capitale indienne New Delhi, il provoqua la colère des dirigeants des biotechnologies et de certains politiciens en condamnant « le taux vraiment effroyable et tragique de suicides chez les petits paysans indiens ayant pour cause... l’échec de nombreuses variétés d’OGM ».

En face du Prince, on trouve de puissants lobbyistes pro-OGM et des homme politiques importants qui prétendent que les plantes modifiées génétiquement ont transformé l’agriculture indienne en donnant des rendements plus élevés que jamais. Le reste du monde devrait choisir « l’avenir » et suivre cet exemple.

Alors qui dit la vérité ? Pour le savoir, je suis allé dans la « ceinture des suicides », dans l’état de Maharashtra.

Ce que j’ai découvert est extrêmement dérangeant et a de profondes implications pour les pays - y compris la Grande-Bretagne - où l’on débat pour savoir si on autorise ou pas la culture de semences manipulées par des scientifiques pour contourner les lois de la nature

Car même les chiffres officiels du Ministère Indien de l’Agriculture confirment que, dans un contexte de crise humanitaire immense, plus de 1000 paysans se suicident chaque mois.

Des petites gens de zones rurales, qui meurent dans une lente agonie. La plupart ingurgite de l’insecticide - une substance bon marché dont on leur avait pourtant promis lorsqu’ils furent obligés de cultiver des plantes GM coûteuses, qu’ils n’en auraient plus besoin.

Il apparaît qu’ils sont très nombreux à être endettés massivement auprès des prêteurs de fonds locaux, après avoir sur-empruntés pour acheter les semences OGM.

Pour les pro-OGM, les vraies raisons de ce chiffre épouvantable sont la pauvreté rurale, l’alcoolisme, les sécheresses et le « désespoir agraire ».

Mais comme j’ai pu le découvrir lors de mon voyage de 4 jours dans l’épicentre de la catastrophe, ce n’est qu’une partie de l’histoire.

Dans un petit village que je visitais, 18 paysans s’étaient suicidés après avoir été engloutis dans les dettes dues aux OGM. Dans certains cas, les femmes ont repris le ferme de leur mari défunt, mais pour finalement se suicider elles-mêmes.

Latta Ramesh, 38 ans but de l’insecticide, après une mauvaise récolte - deux ans après que son mari ne disparaisse lorsque les dettes OGM étaient devenues trop importantes. Elle a laissé un fils de 10 ans, Rashan, confié à des parents. La tante de la défunte, assise sans énergie à l’ombre près des champs, raconte « qu’il pleure lorsqu’il pense à sa mère ».

Village après village, des familles me racontent comment elles se sont endettées après qu’on les ait convaincues d’acheter des semences GM au lieu des semences de coton traditionnelles. La différence de prix est vertigineuse : 15 euros pour 100 grammes de semences OGM, par rapport à moins de 15 euros pour 100 kilos fois de semences traditionnelles

Mais les vendeurs ainsi que les représentants du gouvernement avaient promis aux paysans qu’il s’agissait de « semences magiques » avec de meilleurs plantes, sans parasites ni insectes.

En fait, dans une tentative pour promouvoir l’adoption des semences OGM, les variétés traditionnelles ont été interdites dans de nombreuses banques de semences gouvernementales.

Les autorités avaient un intérêt matériel dans la promotion de cette nouvelle biotechnologie. En essayant désespérément d’échapper à l’extrême pauvreté des années qui succédèrent à l’indépendance, le gouvernement avait accepté d’autoriser les nouveaux géants des biotechnologies comme le numéro un du marché, l’états-unien Monsanto à vendre leur nouvelles créations semencières

Déjà dans les années 80 et 90, l’Inde qui avait autorisé l’accès au marché du second pays le plus peuplé de la planète avec plus d’un milliard d’habitants, s’était vu garantir en contre-partie des crédits du fond Monétaire International, ce qui l’a aidé à lancé une révolution économique

Mais si des villes comme Mumbay et Delhi ont vécu un boum économique, la vie des paysans est retombée dans une période sombre.

Bien que la surface indienne plantée en OGM ait doublé en 2 ans - passant à 17 millions d’ha - pour de nombreux paysans, le prix à payer est terrible.

Les semences de coton GM, garanties protégées contre les parasites, se sont révélées ne pas être les semences magiques promises, mais ont été infestées par le vers de la capsule, un parasite vorace.

On n’avait pas prévenu les paysans non plus que ces variétés nécessitaient deux fois plus d’eau. C’est ce qui a fait la différence entre la vie et la mort. Avec l’absence de pluie, ces deux dernières années, les plantes GM ont tout simplement séché et sont mortes, laissant les paysans paralysés par les dettes et sans moyen pour les rembourser.

Comme l’argent a été emprunté à des prêteurs locaux à des taux d’usuriers, des centaines de milliers de petits paysans se sont vus perdre leurs terres lorsque les semences coûteuses ont été un échec.

Dans le passé, lorsqu’une récolte était mauvaise, les paysans pouvaient toujours conserver des graines et les replanter l’année suivante.

Par contre cela n’est pas possible avec les semences GM qui contiennent la technologie « Terminator », ce qui signifie qu’elles ont été modifiées génétiquement afin que la plante ne puisse plus produire de semences viables.

De ce fait, les paysans doivent chaque année acheter de nouvelles semences au même prix exorbitant. Pour certains il s’agit là aussi de la différence entre la vie et la mort.

Prenez le cas de Suresh Bhalasa, un autre paysan qui était incinéré cette semaine, laissant derrière lui une femme et deux enfants.

Lorsque la nuit fut tombée après la cérémonie et que les voisins se regroupèrent dehors, tandis que les vaches sacrées étaient ramenées des champs, il ne faisait aucun doute pour sa famille que tous les ennuis avaient commencé au moment où on les avait encouragés à acheter du coton Bt, une plante modifiée génétiquement par Monsanto.

« Nous sommes ruinés maintenant » dit la femme du défunt, âgée de 38 ans. « Nous avons acheté 100 grammes de coton Bt. Notre récolte a été mauvaise deux fois. Mon mari est devenu dépressif. Il est parti dans les champs, s’est allongé et a bu de l’insecticide. »

Les villageois le mirent sur un rickshaw et se dirigèrent sur des chemins ruraux cahoteux, vers l’hôpital. Alors que sa famille et les voisins s’amassaient dans la maison pour lui rendre un dernier hommage, elle racontait : « Il a crié qu’il avait pris de l’insecticide et qu’il était désolé ».

Interrogée pour savoir si le défunt était un ivrogne ou souffrait de « problèmes sociaux » comme l’affirment les responsables pro-OGM, cette assemblée calme et digne explosa de colère. Un des frères du défunt nous expliqua « Non ! Non ! Suresh était un brave homme. Il envoyait ses enfants à l’école et payait ses impôts ».

« Ce sont ces semences magiques qui l’ont étranglé. Ils nous vendent ces semences en nous disant qu’elles n’ont plus besoin de pesticides coûteux, mais ce n’est pas vrai. Nous devons acheter les mêmes semences aux mêmes compagnies chaque année. Ca nous tue. S’il vous plait, dites au monde ce qui se passe ici. »

Monsanto a reconnu que la croissance de la dette était « un facteur de cette tragédie ». Mais, en pointant sur le fait que la production de coton avait doublé ces 7 dernières années, un porte-parole ajoutait qu’il y a d’autres raisons pour la crise récente, comme « des pluies au mauvais moment » ou des sécheresses, soulignant que les suicides avaient toujours fait partie de la vie de l’Inde rurale.

Les responsables soulignaient aussi le fait que de nombreuses études d’opinions montraient que les paysans indiens voulaient des semences GM - sans aucun doute encouragés qu’ils sont par des stratégies de marketing agressive

Durant le cours de mes enquêtes au Maharashtra, je rencontrai trois observateurs « indépendants » parcourant les villages pour se renseigner sur les suicides. Ils insistèrent sur le fait que les semences GM n’étaient que 50% plus chères - mais admettaient plus tard que la différence était de 1000%.

(Un porte-parole de Monsanto insistait ensuite, affirmant que leurs semences ne coûtaient que le double du prix « officiel » des semences traditionnelles, mais admettait que la différence pouvait être beaucoup plus grande, si les semences traditionnelles étaient vendues par des marchands « sans scrupules » qui vendent souvent aussi de « fausses » semences GM qui sont sujettes aux maladies.)

Alors qu’il y des rumeurs comme quoi le gouvernement proposerait de façon imminente des compensations pour stoper la vague de suicides, de nombreux paysans disaient qu’ils ont un besoin désespéré de toute forme d’assistance. « Nous voulons juste nous sortir de nos problèmes. Nous voulons de l’aide pour que plus aucun d’entre nous ne doive mourir ».

Le Prince Charles était si frappé par la détresse des paysans qui se sont suicidés qu’il a lancé une association caritative, la Fondation Bhumi Vaardan, pour aider ceux qui sont touchés et afin de promouvoir des plantes biologiques indiennes au lieu des OGM.

Les paysans indiens commencent aussi à se battre. Alors qu’ils ont pris en hôtage des distributeurs de semences et organisé des protestations de masse, un gouvernement attaque Monsanto en justice à cause du prix exorbitant de ses semenes.

Tout cela arrive trop tard pour Shandakar Mandaukar qui devait 80 000 roupies (1 500 euros) lorsqu’il s’est suicidé. « Je lui ai dit que nous pouvons survivre » nous dit sa veuve, ses deux enfants toujours à ses côtés, alors que la nuit tombe. « Je lui ai dit qu’on trouverait un moyen de s’en sortir. Il a juste répondu qu’il valait mieux qu’il meure ».

Mais la dette ne meurt pas avec lui : à moins qu’elle ne trouve un moyen de la rembourser, elle ne pourra plus payer l’éducation des enfants. Ils vont perdre leur terre et rejoindre les hordes que l’ont voit mendier par milliers, le long des routes de ce pays immense et chaotique.

Il est cruel de voir que ce sont les jeunes qui souffrent le plus de ce « génocide OGM », cette même génération censée pouvoir sortir de cette vie dure et miséreuse, grâce aux « semences magiques ».

Ici, dans la ceinture indienne des suicides, le coût de l’avenir modifié génétiquement est meurtrièrement élevé.

 

Par DELSHA - Publié dans : Multinationales - Communauté : (Re)pensez le monde
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 5 novembre 2008 3 05 /11 /Nov /2008 15:09

Il n’y a pas meilleure entrée en la matière pour poser les bases d’une nouvelle économie, sociale et politique, en Europe, que la Conférence Internationale d’économie politique, qui s’est déroulée à Caracas le 11 octobre dernier.

Nous venons de le voir, de le vivre, de le constater : alors que des mesures d’urgences et d’une ampleur sans précédant viennent d’être déployées par les Etats pour sauver un système financier vorace et en « péril », les réformes de fond, permettant le retour à l’équilibre, aussi bien économiques, politiques, sociales ou environnementales, se font attendre. Tout porte à croire que rien ne sera fait dans ce sens sans une mobilisation massive des populations et des citoyens, au-delà de tout clivage, me semble-t’il, gauche-droite (tel que nous l’avons connu en occident depuis ces dernières décennies), où les uns et les autres finissent par se confondre.

Depuis quelques jours, les marchés sont repartis à la hausse (sans grande volatilité certes, ni réelle tendance), les acquisitions repartent, de nouveaux fonds se forment (Ex : UBS et Carlyle), on sollicite l’argent des Etats souverains (Ex : Voyage de G. Brown dans les Emirats), on retarde la privatisation de la poste en France tout en maintenant cet objectif, et les banques, qui ont fait le plein de liquidités, se remettent à investir (à spéculer ?) au lieu d’accorder des prêts aux petites et moyennes entreprises et aux particuliers, ce qui maintiendrait la productivité, les emplois et une vie décente, notamment par ces temps difficiles.

Avant toute chose, il ne s’agit pas ici de critiquer le capitalisme, ni de faire une ode à la gauche. Non, il s’agit de se pencher sur sa forme : néo libérale, voir ultra néolibérale, génératrice de profits spéculatifs en faveur d’une minorité (souvent qualifiée d’élite, d’oligarques, de lobbies industriels – agroalimentaires, chimie, pétroliers, etc..) au détriment du reste : paupérisation, précarité, chômage, perte de droits sociaux et même sur notre environnement. La politique du profit à tout prix n’ayant cure des effets dévastateurs à plus long terme. Il ne s’agit plus là d’investissement mais de vol de substance de l’économie réelle, un vol encouragé par des données macro-économiques ne répondant plus à la réalité mais aux attentes du marché, ce qui conduit à un effet dévastateur pour notre développement et la pérennité de nos sociétés.

Ce constat n’émane pas uniquement de la bouche de quelques opposants à cette dérive néolibérale, mais à de nombreux intellectuels, politiques, humanistes, économistes et journalistes. Certes, ces derniers sont souvent qualifiés de « gauchiste », d’  « altermondialistes » par une certaine presse, il n’en demeure pas moins que le constat est édifiant et que les données sont vérifiables, ne serait-ce qu’autour de soi.

Merci à Jean Ziegler, à Noam Chomsky, à Paul Jorion, à Noami Klein, à Serge Halimi, à Jean-François Khan, au Monde Diplomatique, à Marianne, au Grand soir, à Rue89, à contre infos et à toutes ces personnes et journalistes qui offrent un autre regard sur notre le Monde et que je n’aurais pas cité.

Il ne s’agit pas d’être en accord sur tous leurs points de vue, néanmoins cet autre regard qu’ils nous apportent, emplis d’humanisme,  permet au moins de se doter d’une réflexion plus personnelle, plus large, qui aspire à un monde meilleur, où « profits » ne seraient être la seule loi qui vaille, au-delà même des droits humains.

En aparté, en bleu, il y a des points de réflexion pour une nouvelle Europe, une Europe moins « bureaucratique », une Europe des « peuples », telle qu’elle nous a été « vendue ».

Source : http://www.legrandsoir.info/spip.php?article7301

CONFÉRENCE INTERNATIONALE D’ÉCONOMIE POLITIQUE :

RÉPONSES DU SUD À LA CRISE ÉCONOMIQUE MONDIALE

DÉCLARATION FINALE

Caracas 11 octobre 2008

Tenue au Venezuela, à Caracas, du 8 au 11 octobre 2008 en présence d’experts et de chercheurs en provenance d’Argentine, d’Australie, de Belgique, du Canada, du Chili, de Chine, de Corée du Sud, de Cuba, d’Egypte, d’Équateur, d’Espagne, des États-Unis, des Philippines, de France, d’Angleterre, du Mexique, du Pérou, d’Uruguay et du Venezuela, la Conférence Internationale d’Économie Politique « Réponses du Sud à la Crise Économique Mondiale » a ouvert un large débat sur l’actualité économique et financière de l’économie mondiale, les nouvelles perspectives et les défis que doivent relever les gouvernements et les peuples du Sud.

La rencontre a pris en compte l’aggravation de la situation au cours des dernières semaines. De crises répétées des marchés financiers de pays du Centre, nous sommes passés à une crise internationale d’une énorme gravité, qui place les pays du Sud dans une situation très préjudiciable.

La crise menace l’économie réelle et, si des actions énergiques et effectives ne sont pas prises immédiatement, elle peut avoir des conséquences dramatiques pour les peuples du monde, en particulier pour les secteurs déjà les plus fragiles et marginalisés.

La vulnérabilité des monnaies, les déséquilibres financiers et la grave récession qui se développent réfutent aujourd’hui le mythe néolibéral sur les vertus de la déréglementation des marchés, la solidité et la fiabilité des institutions financières actuelles et remettent sérieusement en question les bases du système capitaliste actuel.

Echec en somme « tout relatif » tant il semble évident que le but était principalement et essentiellement de sauver le « modèle en place ». Difficile dans ce cas pour l’opposition de se manifester ou de prendre une position claire à l’encontre de ses manœuvres, lorsque l’on constate qu’aucun camp ne remet en cause ce modèle, et se contente de « petites phrases ». A gauche, comment dénoncer ce système quand on se revendique « libéral » (Delanoë), quand on est à la tête du FMI (DSK), quand on brigue un mandat européen, etc…Au centre, difficile également de prendre une position franchement « contre » lorsque l’on compte parmi ses « supporters » des hommes tels que Camdessus ou Peyrelevade (Bayrou). Alors on effleure du doigt sans remise en question du fond.

Les contributions présentées à l’occasion du séminaire ont mis en évidence le processus de la crise entamée depuis août 2007 et l’échec des mesures de sauvetage que réalisent les États des pays capitalistes développés pour tenter de consolider un système financier mondial déjà disloqué.

Nous dénonçons la prétention de faire porter le coût du sauvetage financier à l’ensemble du système mondial, aggravant par là la situation de pauvreté, de chômage et d’exploitation des travailleurs et des peuples du monde.

Ni l’énorme interventionnisme étatique que l’on a observé durant les dernières semaines pour sauver des organismes désarticulés et ruinés par la spéculation, ni l’endettement public massif ne sont des alternatives plausibles pour sortir de la crise. La dynamique actuelle fomente de nouveaux cycles de concentration du capital et, sans une opposition ferme des peuples, elle s’aggravera dans une forme encore plus perverse de sauvetage des secteurs privilégiés. Cela pourrait également s’exprimer par le retour à l’autoritarisme dans le fonctionnement du capitalisme. Cela pointe déjà, comme une grave régression, dans l’augmentation de la discrimination et du racisme à l’égard de la population qui migre des pays du Sud vers les pays du Nord.

=> C’est le danger qui menace effectivement. Les liquidités données aux banques risquent de concentrer encore un peu plus le pouvoir et le capital dans les mains de quelques uns sans modifier la donne.

Maintenir les tendances actuelles de restructuration du système capitaliste aura des coûts productifs et sociaux énormes, et peut frapper encore davantage la nature et l’environnement déjà très fragiles.

La nécessité de repenser l’architecture économique et financière internationale est aujourd’hui inéluctable. C’est dans cette perspective que s’inscrit la nécessité d’une sortie post-capitaliste, appelée par le Venezuela ’Socialisme du Siècle XXI’.

Urgent : A défaut de s’  « allier » aux propos de Chavez, il serait toutefois opportun d’accepter de s’asseoir à sa table et de développer des convergences entre l’Europe (UE) et le Sud

Dans un moment critique comme celui que nous vivons, les politiques nationales et régionales doivent donner la priorité aux dépenses sociales et protéger les ressources naturelles et productives. Les États doivent introduire des mesures urgentes de régulation financière pour protéger l’économie, impulser la production et combattre le danger de la déréglementation à travers le contrôle immédiat des changes et des mouvements de capitaux.

Apporter de la souplesse d’action

Cela passera fondamentalement par le développement d’une plus grande complémentarité et de l’intégration commerciale régionale de façon équilibrée, en renforçant les capacités industrielles, agricoles, énergétiques et d’infrastructure. Des initiatives comme l’ALBA et la Banque du Sud devront étendre leur champ d’action et consolider leur perspective vers une plus grande intégration alternative qui inclut une nouvelle monnaie commune. Il s’agit de bâtir une nouvelle architecture financière mondiale qui permette une autre insertion du Sud dans la division internationale du travail.

Principes de l’ALBA à développer au sein de l’UE : Nous avons déjà la monnaie commune, l’Euro.

Il serait toutefois utile de penser « réserve de changes », « monnaies d’équilibres »

Dans ce contexte, il faut évaluer l’importance d’un ensemble d’apports et de propositions de l’économie sociale qui encouragent la promotion du travail digne et l’articulation locale face aux impacts de la crise.

Rémunérer le travail à son juste prix, réduire les disparités entre les grands patrons et les employés de base.

À l’échelle globale, il faut revendiquer une réforme profonde du système monétaire et financier international, qui implique la défense des épargnes et la canalisation des investissements pour répondre aux nécessités prioritaires des peuples. Il faut rompre avec un système qui privilégie la spéculation, creuse les différences économiques et accable particulièrement les pays et les secteurs les plus fragiles.

Il faut également créer de nouvelles institutions économiques (multilatérales), sur de nouvelles bases, qui disposent de l’autorité et des instruments pour agir contre l’anarchie de la spéculation. Cela rend indispensable l’intervention urgente des autorités nationales qui s’opposent aux fondements du marché et protègent les finances des peuples affectés. La crise renforce les intérêts communs entre les peuples de toutes les nations.

Avec des forces d’action immédiate et effectives. Afin d’éviter que ces institutions ne se transforment avec le temps en nouvelles coquilles vides ou en centres d’intérêts particuliers, ces institutions devraient être au service des populations et non d’une élite.

À partir de ces analyses et considérations, la Conférence Internationale d’Économie Politique « Réponses du Sud à la crise économique mondiale », propose les CONCLUSIONS ET RECOMMANDATIONS D’ACTION suivantes :

Nous partons de la caractérisation de la situation économique internationale suivante :

1. Nous sommes face à une situation inédite au niveau mondial. La crise économique et financière s’est aggravée et accélérée énormément au cours des derniers jours. Son développement futur, difficilement prévisible, peut prendre, d’un jour à l’autre, une tournure dramatique.

2. La crise a son épicentre initial aux Etats-Unis et sur les marchés boursiers, mais c’est aujourd’hui une crise mondiale qui affecte tout le système financier et contamine de façon croissante l’appareil productif. La crise affecte maintenant particulièrement l’Europe occidentale et orientale.

3. Alors qu’initialement, on espérait que l’Amérique latine pourrait rester en dehors de la crise, aujourd’hui des signes très forts annoncent avec certitude des impacts à venir. On peut non seulement s’attendre à une détérioration prolongée du commerce extérieur, mais aussi à un choc financier très violent et dans un délai très court. Plus le système bancaire et la bourse de valeurs sont internationalisés, plus la fragilité est grande.

Nous faisons ces suggestions en étant conscients que lors de crises il y a toujours des gagnants et des perdants. Notre pari est de prendre des mesures qui garantissent le bien-être et les droits de nos peuples, de l’ensemble des citoyennes et des citoyens, et non pas de secourir les banquiers responsables de la crise comme c’est le cas en Europe et aux États-Unis.

Partant de ce nouveau scénario et de son aggravation accélérée, nous considérons nécessaire de formuler les recommandations d’action suivantes, dont certaines doivent être mises en oeuvre à travers des décisions politiques urgentes aux plus hauts niveaux.

À cet effet il faut envisager l’organisation immédiate d’un Sommet Extraordinaire des Présidents d’Amérique latine et de la Caraïbe, ou au moins de l’UNASUR (= une structure de concertation des pays d’Amérique du Sud. NDT), conduite par une vaste mobilisation populaire de nos peuples.

SUR LE SYSTÈME BANCAIRE

 Face à l’effondrement du système financier international, les États de la région doivent immédiatement prendre en charge la surveillance des systèmes bancaires sous la forme de contrôle, d’intervention ou de nationalisation sans indemnisation en suivant le principe de la nouvelle Constitution de l’Équateur qui interdit l’étatisation des dettes privées. (Art. 290 - point 7 : « L’étatisation des dettes privées est interdite ».)

Point essentiel qui devrait être repris au sein de l’UE

 Ces mesures ont pour but de prévenir la fuite des capitaux vers l’extérieur, la dévaluation des monnaies, le transfert de fonds des succursales de banques étrangères vers leurs maisons mères et l’obstruction du crédit par les banques qui ne prêtent pas les fonds qu’elles reçoivent.

 Il faut fermer les branches off-shore du système bancaire de chaque pays qui ne constituent qu’un paravent fiscal très dangereux dans ces circonstances. Il s’agit d’éviter que nos liquidités soient siphonnées.

 Il faut ouvrir les livres de comptes des banques, fortifier la supervision bancaire et les mécanismes de régulation stricts qui rendent compte de la situation réelle des systèmes bancaires nationaux comme dépositaires de l’épargne de la population. Il faut réaffirmer le caractère service public des services financiers. Une de ces mesures devrait garantir un investissement national minimum dans les actifs liquides du système (coefficient de liquidité domestique).

 Il faut encourager l’épargne et le crédit populaires non lucratifs administrés par les populations résidant sur les territoires où sont établis ces organismes pour le développement local.

 En cas d’intervention, les États doivent récupérer le coût du sauvetage sur le patrimoine des banques. Il s’agit de mettre en œuvre un programme de réparation prélevé sur le patrimoine des actionnaires et des administrateurs.

=> Mesure à appliquer chez nous, notamment avec les banques, les compagnies d’assurance et autres sociétés cotées en bourse et bénéficiaires de ces aides

NOUVELLE ARCHITECTURE FINANCIÈRE

 L’absence de politiques monétaires coordonnées produit une guerre de « dévaluations compétitives » qui aggrave la crise et engendre des rivalités entre nos économies, empêchant une réponse coordonnée de la région, et menace structurellement les avancées intégrationnistes comme l’UNASUR. De ce fait, il faut donner un signal clair grâce à un accord monétaire latino-americain qui montrerait immédiatement les possibilités additionnelles de protection de nos macro-économies. Ainsi, la définition d’un système de compensation de paiements basé sur un panier de monnaies latino-americaines fournirait à chaque pays des moyens de liquidité additionnels qui permettraient de se préserver de la logique de la crise du dollar.

Idée : Constituer un panier de monnaies indexé sur la monnaie commune (l’Euro pour nous) et convertible avec le USD ou autre monnaie « forte », afin de permettre un marge de manœuvre.

 Dans le cadre de la construction institutionnelle pour la protection de nos économies, une plus grande articulation entre les banques centrales est requise, qui suppose de dépasser le dogmatisme néo-libéral avec un maniement beaucoup plus efficace et adéquat des réserves internationales. En ce sens, il est important d’avancer dans la proposition d’un Fonds du Sud alternatif au FMI, qui disposerait de liquidités pour parer à d’éventuelles urgences de recouvrement fiscal ou de balance de paiements.

Idée : Trouver en Europe une alternative au FMI, ou une instance indépendante au sein de la BCE par exemple, qui aurait pour mission de répondre aux intérêts* des populations

* Intérêts vitaux : selon le niveau de développement des pays membres afin d’éviter les deséquilibres internes.

En profitant de l’augmentation des réserves excédentaires de chaque pays provoquée par la création de moyens de paiement additionnels avec le système de compensation de paiements (droits régionaux de virement) et par l’existence du Fonds Commun du Sud, on peut mobiliser des ressources pour mettre immédiatement en marche la Banque du Sud, en assurant un fonctionnement démocratique et en ne reproduisant pas la logique des organisations financières multilatérales de crédit. Cette Banque doit être au coeur de la transformation du réseau déjà existant de banques latino-americaines de promotion, orientées vers la reconstruction des appareils productifs basés sur les droits humains fondamentaux. Nous nous plaçons dans l’orientation soulignée par la Déclaration Ministérielle de Quito du 3 mai dernier, qui indique que : « Les peuples ont donné à leurs gouvernements le mandat de doter la région de nouveaux instruments d’intégration pour le développement. Ces instruments doivent se baser sur des modèles démocratiques, transparents, participatifs et responsables envers leurs populations ». Pour être démocratique, la Banque du Sud doit garantir le principe un pays = un vote.

ð      Regroupant tous les principes cités, et différents de l’OMC en place actuellement

ð      Les moyens existent en Europe, il faut trouver le moyen de les mettre en pratique, c'est-à-dire par une union des représentants au Parlement européen.

 Il est indispensable de renforcer le contrôle des changes dans les pays où il existe et de l’établir là où il n’existe pas encore afin de protéger les réserves et d’empêcher la sortie de capitaux.

 Dans le cadre de la suspension de paiements qu’a engendrée la crise du système financier international, les pays de la région doivent considérer la suspension du paiement de la dette publique. La mesure vise à protéger de façon transitoire les ressources souveraines menacées par la crise et à éviter que ne se vident les Trésoreries des pays.

Au niveau des particuliers, cela pourrait donner une suspension de l’intérêt de la dette, afin de ne pas aboutir à une solution non « solvable », à l’heure où le principal devient de plus en plus petit et que la dette ne cesse de s’agrandir.

L’Amérique latine et la Caraïbe doivent tirer des leçons de ce qui arrive en Europe, où chaque pays essaye de résoudre la crise individuellement. Cela passe nécessairement par le renforcement des mécanismes d’intégration alternatifs en développement dans la région.

URGENCE SOCIALE

 Nous proposons de constituer un Fonds Régional d’Urgence Sociale pour assurer immédiatement la souveraineté alimentaire et énergétique, ainsi que pour s’occuper du problème grave des migrations et de la baisse des fonds envoyés par les migrants. Ce Fonds pourrait fonctionner au sein de la Banque du Sud ou de la Banque de l’Alba.

 En suivant le principe qui vise à ne pas secourir les banquiers mais bien nos peuples, il faut maintenir les budgets publics destinés aux dépenses sociales et prévoir leur augmentation face aux effets imminents de la crise internationale sur nos peuples, les priorités étant : l’assurance d’avoir un emploi, un revenu universel, l’accès à la santé et à l’éducation publique, un logement.

 Établir des mécanismes anti-inflationnistes, qui visent le contrôle des prix, qui préservent et augmentent les revenus salariaux, les mécanismes de protection populaire, et qui ont un effet redistributif des recettes et de la richesse.

ORGANISMES FINANCIERS

La crise financière internationale a mis en évidence la complicité entre le FMI, la Banque Mondiale et la BID, et les banquiers transnationaux qui ont provoqué l’effondrement actuel, aux conséquences sociales terribles. Le discrédit de ces organismes est manifeste. C’est l’occasion pour que les pays de la région, en suivant l’exemple de la Bolivie, se retirent du CIRDI (=tribunal de la Banque mondiale en matière de litige entre les transnationales et les Etats à propos des investissements. NDT.), et en reprenant l’appel du Venezuela, se retirent du FMI et de la Banque Mondiale et commencent à aider à bâtir une nouvelle architecture financière internationale.

L’UE, même si pour l’heure cela relève de l’utopie, devrait suivre ce mouvement

Nous appelons à la tenue de la Seconde Conférence Internationale d’Économie Politique « Réponses du Sud à la Crise Économique Mondiale », qui se tiendra à Caracas au cours des premiers mois de l’année 2009.

Caracas, 11 octobre 2008

Traduit par Cecile Lamarque et Eric Toussaint

 




Par DELSHA - Publié dans : Repenser notre monde - Communauté : (Re)pensez le monde
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 2 octobre 2008 4 02 /10 /Oct /2008 22:00

ça commence par la réception d'une nouvelle, de l'AFPS (Agence France-Palestine)

Communiqué de l'AFPS

 

L'attentat contre Ze'ev Sternhell : un nouveau pas dans la violence des colons

 

 

Une recrudescence de la violence des colons est à dénoncer, dans toute la dernière période, en Palestine occupée. Elle s’ajoute aux violences quotidiennes de l’armée israélienne ..Elle s'appuie sur la politique du gouvernement israélien qui a encore intensifié, en toute impunité, y compris depuis Annapolis, la colonisation, acculant à l'impasse les perspectives d'Etat indépendant palestinien dans les frontières de 1967 et de paix. Ces colons, surarmés, bénéficient à tout le moins du laisser-faire complice de leur gouvernement et de l'armée d'occupation.

 

Ces colons exercent depuis longtemps une violence insupportable contre les Palestiniens, en particulier ceux qui cultivent les terres que l'armée n'a pas confisquées, une violence qui s'est encore intensifiée ces derniers mois. Ils l'exercent aussi contre les observateurs ou les militants de la solidarité internationale tels que les membres d'une délégation sud-africaine de l'ANC cet été en Palestine. Ils viennent de la diriger contre Ze'ev Sternhell, dirigeant de l'organisation israélienne La Paix Maintenant qui, parce qu'il dénonce la colonisation, a été victime d'un attentat.

 

Ce dernier épisode montre clairement que si les Palestiniens sont les premières victimes de la politique israélienne de colonisation à outrance, et de refus de la paix fondée sur le droit, cette politique gangrène aussi la société israélienne.

 

L'AFPS condamne cet attentat et plus généralement la violence terroriste des colons israéliens, et l'impunité dont ils bénéficient.

 

L'AFPS demande au gouvernement français, en matière de colonisation, de passer des mots aux actes. Il faut imposer à Israël la fin de la colonisation et le démantèlement du mur d'annexion, ce qui est l'une des conditions essentielles d'un règlement politique de paix.

 Et puis on va regarder ailleurs, lire ailleurs, et on trouve ça :


Les médias en France

 

Le Monde

http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2008/09/25/l-historien-israelien-zeev-sternhell-vise-par-un-attentat_1099251_3218.html

 

« a été légèrement blessé »


Le Point

http://www.lepoint.fr/actualites-monde/sternhell-cible-des-zelotes/924/0/279048
 

Israël - Sternhell, cible des zélotes

Danièle Kriegel (à Jérusalem) 

Rien ne fera taire le professeur Zeev Sternhell. Vingt-quatre heures après avoir été blessé par l'explosion d'une bombe placée à l'entrée de son domicile, il réitérait avec force son opposition à l'occupation par Israël des territoires palestiniens. Ce grand intellectuel israélien, spécialiste de l'histoire du fascisme européen, est la bête noire de la droite et de l'extrême droite israéliennes. Des tracts découverts sur les lieux de l'attentat à Jérusalem promettaient une récompense à toute personne qui tuerait un membre de La Paix maintenant. Les auteurs annonçaient l'arrivée du « royaume de Judée » et signaient : « L'armée des libérateurs de la nation ». Les enquêteurs y voient la marque de groupuscules religieux ultras dont les noyaux se trouvent dans les colonies les plus dures, en Cisjordanie. Depuis quelques mois, ils multiplient les menaces à l'encontre de personnalités israéliennes de gauche. Selon le Premier ministre Ehoud Olmert, « un nuage malfaisant de haine et d'extrémisme a recouvert certaines parties de la société israélienne » .

Nos politiques ou assimilés:


Notre Ministre des Affaires Etrangères » a exprimé son « 
émotion et  (son) indignation (à) la nouvelle de l’attentat qui a blessé l’historien israélien Zeev Sternhell chez lui à Jérusalem.

« Je tiens à lui exprimer ma profonde solidarité et mes vœux les plus chers de rétablissement rapide. « 

 

http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/pays-zones-geo_833/israel-territoires-palestiniens_413/france-israel_1160/relations-politiques_4636/attentat-contre-zeev-sternhell-25.09.08_66644.html



http://politique.eu.org/archives/2005/06/216.html 


 
Mais on retient surtout ça : 


 

Ailleurs :

 

Romandie.com

http://www.romandie.com/ats/news/081002161645.v9f3vv99.asp

 

Attentat contre l'historien Sternhell: manifestation de soutien à Jérusalem

JERUSALEM - Quelques centaines de personnes ont manifesté jeudi soir à Jérusalem devant le domicile de l'historien israélien Zeev Sternhell, en signe de solidarité à la suite de l'attentat dont il a été victime le 24 septembre.

"Il y a un problème de violence croissante en Israël. Ce n'est pas moi qui le dit, c'est la police, les autorités", a déclaré M. Sternhell qui est sorti de chez lui pour venir parler à la presse et s'adresser ensuite au public venu le soutenir.

"Cela fait longtemps que mes amis et moi mettons en garde contre ce risque en disant qu'en fin de compte, la violence (exercée contre les Palestiniens) se retournerait contre nous. Le problème ce n'est pas Zeev Sternhell ou une attaque contre la personne de Zeev Sternhell, c'est un problème de société, c'est un problème politique. Notre société devient de plus en plus violente", a-t-il ajouté.

Le rassemblement était organisé par plusieurs organisations et partis de gauche dont le Meretz (parti à la gauche du parti travailliste), l'Association pour les droits civiques en Israël, le "Mahsom Watch" qui mène des inspections sur le comportement des soldats aux barrages militaires.

Les manifestants brandissaient des pancartes où figuraient des slogans comme "Nous n'avons pas peur", "oui à la démocratie" ou "pas d'autre meurtre politique", en référence à l'assassinat du Premier ministre israélien Yitzhak Rabin, le 4 novembre 1995 par un juif d'extrême-droite.

Dans la journée, la commission parlementaire des affaires intérieures a tenu, en présence de M. Sternhell, une réunion extraordinaire sur cette attaque qualifiée "d'acte terroriste" par le président de la commission, le travailliste Ophir Pines-Paz.

"Nous appelons cela un acte terroriste car c'est précisément de cela qu'il s'agit, tout particulièrement lorsque cela concerne un débat idéologique sur l'orientation que prend Israël. Nous devons prendre des mesures très fermes. Ce sont des terrorites, juifs, mais terroristes", a déclaré M. Pines-Paz.

Dimanche, le Premier ministre du gouvernement de transition Ehud Olmert avait fermement condamné cette attaque.

"Un vent mauvais s'est levé dans certaines parties du pays, soufflant l'extrémisme et la haine, menaçant la démocratie", a déclaré M. Olmert à l'ouverture du conseil des ministres.

Agé de 73 ans, le professeur de sciences politiques à l'Université hébraïque de Jérusalem et spécialiste du fascisme a été légèrement atteint à la jambe droite dans la nuit du 24 au 25 septembre par des éclats lorsqu'une bombe a explosé alors qu'il fermait la clôture de sa maison.

Il a été hospitalisé durant deux jours à Jérusalem et a regagné son foyer

(©AFP / 02 octobre 2008 18h16)


http://www.courrierinternational.com/article.asp?obj_id=89778

Et des liens :

Israël :
http://www.a7fr.com/Default.aspx?tabid=52&articleType=CategoryView&categoryId=1


Et on pense à Yom Kippur....
Et à tous les regards tournés vers la "crise financière" et le "plan Paulson"...


 

Par DELSHA - Publié dans : Actualité - Communauté : (Re)pensez le monde
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 25 août 2008 1 25 /08 /Août /2008 21:42

J'ai emprunté le titre au site d'@rrêt sur image, étant donné que cette réflexion s'inspire de leur dossier.

Extrait de la gazette : La guerre, donc. Ou plutôt, deux guerres simultanées, en Géorgie et en Afghanistan. Deux guerres, avec leur cortège de propagande, et de rhétorique d'accompagnement surannée. A propos de la guerre de Géorgie, nous avons résumé pour vous le débat qui fait rage, dans la presse française, entre partisans et adversaires du plan de paix de Sarkozy et qui, une fois n'est pas coutume, oppose un Alain Minc à un Bernard-Henri Lévy (1).

C’est pitoyable : Alors qu’intellectuels et philosophes devraient se positionner en faveur des intérêts des populations, nos représentants français (les plus médiatisés en tout cas) s’affrontent pour des intérêts stratégiques, menée par une politique soutenant l’intérêt particulier ou énergétiques.

Que sont devenus nos grands hommes, nos Zola, les Voltaire, les Abbé Pierre et nos Coluche, ces derniers étant d’avantage des « people », mais des personnalités au grand cœur.



http://www.arretsurimages.net/contenu-imprimable.php?id=1084

observatoire
Le 20/08/2008 Par la rédaction

Géorgie : Minc contre BHL

Rubrique : Emotion

C'est une controverse inédite (et inattendue) sur la scène médiatico-intellectuelle parisienne, que vient de faire éclater le conflit géorgien. D'un côté, Bernard-Henri Lévy défend la Géorgie agressée par la Russie de Poutine. En face, Alain Minc défend l'accord Sarkozy, qui fait bon marché de l'intégrité territoriale géorgienne.

Après l'affaire Val/Siné, la cartographie de la polémique française est-elle en train de se redessiner ?

A l'heure où la Russie promet de se retirer de Géorgie, conformément à l'accord négocié sous la houlette de Nicolas Sarkozy, Le Monde publie dans son édition du 20 août un long reportage de Bernard-Henri Lévy, qui s'est déplacé dans la Géorgie occupée par les forces militaires russes.

Sur une double page, le philosophe (et membre du conseil de surveillance de Libération) se livre en fait à un plaidoyer en faveur de Mikheïl Saakachvili, le président géorgien, qu'il présente comme abandonné par l'Occident face à la Russie de Medvedev et Poutine.

Le philosophe-reporter donne largement la parole à Saakachvili, mais ne livre jamais le point de vue russe. Et même s'il le sous-entend, il n'écrit jamais explicitement que c'est bien la Géorgie qui a déclenché les hostilités en envoyant son armée remettre de l'ordre dans la province séparatiste d'Ossétie du Sud. Cette offensive faisait suite à des années de tension dans la région, résumées par exemple ici par Associated Press. Selon les Ossètes, les attaques géorgiennes auraient fait plus de 1400 morts, ce que dément la Géorgie.Et c'est cette offensive militaire qui a déclenché l'intervention russe, officiellement censée défendre le territoire séparatiste face à l'armée géorgienne qui cherchait à en reprendre le contrôle.

Sous la plume de BHL, Saakachvili se justifie longuement, affirmant que lorsqu'il a lu la première fois que son pays préparait la guerre, il était "en Italie, en train de faire une cure d'amaigrissement et sur le point de partir pour Pékin".
Le président rejette la faute sur les Russes, qui auraient alimenté "les agences de presse de ce baratin" tout en massant leurs chars à la frontière. Et "au cent cinquantième char positionné face à vos villes, vous êtes obligé d'admettre que la guerre a commencé et, malgré la disproportion des forces, vous n'avez plus le choix..."

Mais BHL ne se contente pas de faire parler Saakachvili. Il dépeint un homme jeune, dynamique, intelligent... et ami de la France : "Il est jeune. Très jeune. D'une jeunesse qu'accuse encore l'impatience des gestes, la fièvre du regard, des éclats de rire brusques ou encore cette façon d'enfiler les canettes de Red Bull comme si c'était du Coca-Cola. (...) Il est francophile et francophone. Féru de philosophie. Démocrate. Européen. Libéral au double sens, américain et européen, du mot." Pas de doute, c'est un "grand résistant".

Les Russes ne sont pas traités à la même enseigne, loin de là. Les deux premiers soldats que l'on croise dans l'article sont un officier qui "a l'air d'avoir trop bu" et un autre "bouffi d'importance et de vodka". L'armée russe traine derrière elle des "bandes ossètes et cosaques" qui ont, "dans leur sillage, pillé, violé, assassiné".
Lorsqu'il décrit les villes géorgiennes occupées, l'auteur choisit encore ses mots avec soin. Gori ? Elle "n'appartient pas à cette Ossétie que les Russes prétendent être venus «libérer». C'est une ville géorgienne. Or ils l'ont brûlée. Pillée. Réduite à l'état de ville fantôme. Vidée." Shrinvali ? Des "cadavres géorgiens" y "seraient livrés aux porcs et aux chiens". Kaspi ? Les Russes y ont"atteint les centres vitaux d'une économie dont dépendent, indirectement, celles de la région et du pays. Terrorisme ciblé."

Terrorisme, le terme qui fait trembler l'Occident au début du 21ème siècle. Ailleurs dans son texte, BHL avait déjà souligné qu'un soldat russe lui avait affirmé que son pays armait le Hamas et le Hezbollah au Moyen-Orient...

Et face aux terroristes, les "réfugiés" : "un paysan blessé au front, encore hébété de terreur" ; une "vieille dame" et une "femme enceinte", blessées mais "tirées de l'enfer" ; un "chef mécanicien, grièvement blessé à la hanche" qui conduit la réparation d'une voie de chemin de fer "depuis sa chambre".


Cette forte charge avait été préparée moins d'une semaine plus tôt par la tribune que BHL avait cosigné le 14 août dans Libération avec son vieux camarade André Glucksmann, connu pour son engagement en faveur de l'indépendance de la Tchétchénie.

Titré "Sos Géorgie ? Sos Europe !", ce texte dénonçait "les olympiades de l'horreur au Caucase". Pour les signataires, l'intervention russe en Ossétie du Sud était "probablement" le "tournant le plus décisif de l'histoire européenne depuis la chute du mur de Berlin".


Et les deux philosophe n'y allaient pas par quatre chemins : "Qu'attendent l'Union européenne et les Etats-Unis pour bloquer l'invasion de la Géorgie, leur amie? Verra-t-on Mikhaïl Saakachvili, leader pro-occidental, démocratiquement élu, viré, exilé, remplacé par un fantoche, ou pendre au bout d'une corde? (...) Il faut sauver, ici, une démocratie menacée de mort."

Le texte affirmait que "les spin doctors du Kremlin ont révisé les classiques de la propagande totalitaire : plus mon mensonge est gros, mieux je cogne" et assénait que "l'autocratie poutinienne" n'est "pas un partenaire fiable" : "De quel droit cette Russie là, agressive et de mauvaise foi, est-elle encore membre du G8 ?"


> Cliquez sur l'image pour un gros plan <


Cette prise de position de Lévy et Glucksmann avait rapidement déclenché une riposte de la part d'Alain Minc, ancien président du conseil de surveillance du Monde et proche de Nicolas Sarkozy. Le 18 août, avec une tribune clamant "Géorgie : Sos Raison", Minc prenait la défense de l'accord négocié par Sarkozy au nom de l'Union européenne.



> Cliquez sur l'image pour un gros plan <


"Arrêtons de rêver : le monde n'est pas angélique. La Russie n'a jamais été une démocratie mais toujours un empire, écrivait-il. Face à cet empire, l'Occident est obligé de mener une stratégie subtile, fût-elle moralement insatisfaisante : transiger le moins possible sur les droits de l'homme, faire participer la Russie à la gouvernance mondiale sans se leurrer sur ses intentions, gérer une relation mêlant indissolublement la confiance et la prudence, le dialogue et la méfiance."

Et Minc d'applaudir l'accord des deux mains : "C'est un miracle que, dans cette affaire géorgienne, la France ait pu bâtir un compromis entre des Etats qui ont connu le joug soviétique, une Allemagne tiraillée elle-même entre l'atlantisme d'Angela Merkel et l'héritage de l'Ostpolitik des sociodémocrates, une Italie historiquement prorusse par mercantilisme, et un Royaume-Uni comme toujours inflexible sur les principes et empirique dans le quotidien."


En premier lieu, l'essayiste pointait le parti-pris de BHL et Glucksmann, qui affirmaient : "Qui a tiré, cette semaine, le premier ? La question est obsolète. Les Géorgiens se sont retirés d'Ossétie du Sud, territoire que la loi internationale place, rappelons-le tout de même, sous leur juridiction."

Minc, lui, ne semblait guère disposé à "faire abstraction du faux pas du président Saakachvili". On peut douter que le plaidoyer de BHL, publié dans Le Monde un jour plus tard, l'ait convaincu.

Mise à jour, 21 août:

Pour se détendre, on peut lire aussi le pastiche de la prose béachélienne rédigé par Zineb Dryef sur Rue 89: exclusif, choses vues dans la Syldavie en guerre.

Merci aux @sinautes qui nous ont signalé ce texte.

 

 

 

Par DELSHA - Publié dans : Reflexions - Communauté : (Re)pensez le monde
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 13 août 2008 3 13 /08 /Août /2008 21:53

Dernièrement, une connaissance malienne m’a fait une réflexion qui me donne à penser.

Contexte : A chaque fois que nos nous voyons, ces derniers temps, il pleut. Il peut faire beau la veille, le lendemain, juste avant, voir après, mais quand nous nous voyons, c’est l’averse.

Et puis la dernière, re-belote . Comme je lui avais demandé de me retrouver à la maison, en le voyant tout mouillé, je me suis excusée. Et il a eu cette réponse : Ce n’est pas grave, au contraire. Chez nous, la pluie est un bon présage, car l’eau est sacrée et fertile!!!

Cette réflexion peut être mise en parallèle avec notre point de vue, pays occidentaux. La pluie est synonyme de « grises mines », le moral tombe et on se plaint. Du genre : Comment ça va aujourd’hui ? » « Comme le temps… » Et ça veut tout dire.

On peut traiter (ou considérer) les autres de sous développés, il n’empêche que ces personnes savent à quel point l’eau est porteur de vie. Notre conception du monde, nous permet bien des arrogances. Nos avancées technologiques, nos scientifiques, nos têtes pensantes et autres spécialistes et nos lots d’ a priori nous font oublier, à quel point c’est vrai : L’eau est un bien si précieux. Plutôt que de rendre la pluie responsable de notre humeur maussade, nous ferions bien, de nous réjouir d’avoir de l’eau, tombée du ciel…et chercher à comprendre pourquoi ?

 

 

Image en chanson…

Tombé du ciel

Paroles: Jacques Higelin  


Tombé du ciel à travers les nuages
Quel heureux présage pour un aiguilleur du ciel
Tombé du lit fauché en plein rêve
Frappé par le glaive de la sonnerie du réveil
Tombé dans l'oreille d'un sourd
Qui venait de tomber en amour la veille
D'une hôtesse de l'air fidèle
Tombée du haut d'la passerelle
Dans les bras d'un bagagiste un peu volage
Ancien tueur à gages
Comment peut-on tomber plus mal

Tombé du ciel rebelle aux louanges
Chassé par les anges du paradis originel
Tombé d'sommeil perdu connaissance
Retombé en enfance au pied du grand sapin de
Noël Voilé de mystère sous mes yeux éblouis
Par la naissance d'une étoile dans le désert

Tombée comme un météore dans les poches de Balthazar
Gaspard Melchior les trois fameux rois mages
trafiquants d'import export

Tombés en haut comme les petites gouttes d'eau
Que j'entends tomber dehors par la f'nêtre
Quand je m'endors le cœur en fête
Poseur de girouettes
du haut du clocher donne à ma voix
La direction par où le vent fredonne ma chanson

Tombé sur un jour de chance
Tombé à la fleur de l'âge dans l'oubli

{...}

C'est fou c'qu'on peut voir tomber
Quand on traine sur le pavé
Les yeux en l'air
La semelle battant la poussière

On voit tomber des balcons
Des ports d'fleurs des mégots
Des chanteurs de charme
Des jeunes filles en larmes
et des alpinistes amateurs

Tombés d'en haut comme les petites gouttes d'eau
Que j'entends tomber dehors par la f'nêtre
Quand je m'endors le cour en fête
Poseur de girouettes
du haut du clocher donne à ma voix
La direction par où le vent fredonne ma chanson

Tombé sur un jour de chance
Tombé par inadvertance amoureux

Tombé à terre pour la fille qu'on aime
Se relever indemne et retomber amoureux
Tombé sur toi tombé en pamoison
Avalé la cigue goûté le poison qui tue

L'amour encore et toujours

 

Par DELSHA - Publié dans : Reflexions - Communauté : (Re)pensez le monde
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 3 août 2008 7 03 /08 /Août /2008 21:40

Une fois n’est pas coutume, c’est de pétrole dont je vais parler, ou plus exactement de « prévisions » de commentateurs spécialisés relayées par la presse dite « grand public », sur le cours du brut à la fin de l’année. Pourquoi? Car il s'agit d'un article que ne laisse place à aucune réflexion, aucune analyse de fond n'est suggérée, proposée, il n'y a aucun réel contre argumentaire ( si ce n'est les propos d'une spécialiste en matières premières de chez LOHD, qui soutient la thèse d’un prix du baril fort)

Ce matin, dimanche 3 août, en lisant le Matin (le quotidien suisse) , je suis tombée sur un article intitulé : Le baril sous les 100$ d’ici à Nouvel An, rien que le titre en dit long.

En effet, le quotidien relate que selon l’affirmation d’Edward Morse, "de la prestigieuse banque Lehman Brother", le cours devrait passer sous la barre des 100, à 93 pour être précis.

En à peine quelques lignes, nous avons une affirmation suivie d’une probabilité (devrait au lieu donc, selon l'usage affirmatif de sera). Première question qui me vient à l'esprit : Comment peut-on affirmer qq chose que nous ignorons, sous le seul prétexte d’être une personne influente dans son domaine ? C'est exactement la question que je me suis posée lorsque notre président avait affirmé qu’Ingrid Bétancourt était, je cite, en danger de mort. Certes son état de santé était préoccupant, mais de la à affirmer « en danger de mort » il y a une marge à ne pas franchir, ne serait-ce que pour les proches, sauf si notre président en savait d'avantage…Malheureusement trop peu de médias, dans leur majorité, dénoncent ce genre d'attitude. Bien au contraire, il reprennent ces affirmations en boucle, sans travail de recherche, sans bémol.

Selon Edward Morse, il y a 4 raisons pour affirmer cela. Pour ceux qui en verrait d’autres ou moins, il s’agit de 4, ni plus, ni moins !!!

La première : Le pétrole est une matière cyclique, autrement dit, la demande n’est pas la même selon les périodes de l’année. Autrement dit encore, dans le contexte actuel et de l'article, il y aurait une baisse de la demande après l’été. Les raisons, elles,  ne nous sont pas expliquées. Serait-ce parce que l'on produit d’avantage en été ? Parce qu'on roule d’avantage en été ? ou que l'on prend l’avion d’avantage en été ? Bref...La dessus pas de réponse. D’autant plus que, mondialisation oblige, de quel été s’agit-il, celui du monde occidental (pays du nord) ou celui du reste du monde justement, essentiellement au sud?

Un argument  en somme léger ou alors fort incomplet, pour pffrir une meilleure compréhension aux lecteurs.

Deuxième raison invoquée par le spécialiste : L’économie chinoise va baisser après les jeux olympiques!

Pourquoi? Là aussi, aucune réponse n'est apportée. Par ailleurs, lorsque l’on parle du boom de l’économie chinoise, s’agit-il de l’économie chinoise réelle ou de celle boostée par l’occident. Car si on ne cesse de nous rappeler que la Chine est le premier consommateur d’énergie, parmi les premiers pollueurs, on oublie trop souvent de mentionner que la Chine produit surtout les biens des multinationales occidentales. Prédire une baisse de l’économie chinoise (après les JO) serait-il une façon de nous dire qu’il y a bel et bien une récession économique mondiale et notamment dans les pays de l’OCDE? Si tel est le cas, cet argument ne va donc pas dans le sens des plus optimistes des spécialistes et commentateurs qui nous martèlent que le pire est derrière nous et que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes !

Troisième raison : une réévaluation vers le haut des stocks disponibles (après l’été donc). On annonce des chiffres, le marché spécule dessus, et puis on réévalue les données. Ici, à la hausse. Il n’est donc pas utile de faire une évaluation objective et réelle en temps voulu, mais juste d'aporter une évaluation théorique ! Basée sur quoi ?

Quatrième raison : De nouveaux gisements, de nouveaux puits et une meilleure capacité de raffinerie. Ces trois faits en un, laissent entendre que les gros groupes pétroliers (ce sont ceux là qui sont au coeur des gisements, des puits et de la raffinerie) ont massivement réinvesti dans ce domaine ces dernières années, et auraient moins rétribué leurs actionnaires !  Les cours, avant la baisse des marchés, ne le reflètent guère. Si on regarde la capitalisation boursière de ces derniers,  fort est de constater qu’il en est rien. Alors ? Aucune réponse nous est donné dans cet article, seule l’affirmation du spécialiste compte.

 

Alors certes, Edward Morse, pourrait fort bien "voir juste", le maintien de la baisse du cours du brut à court terme. Une concertation au plus haut niveau (pouvoir politique en tête) devrait permettre de faire descendre le prix du baril afin de redonner un peu de pouvoir d’achat à des ménages en peine, et devrait peut-être permettre (pensent-ils) de soutenir la demande (consommation) de ces derniers, ce qui aurait pour effet de terminer l’année sur une note plus optimiste : La consommation est demeurée soutenue par les pays de l’OCDE (Etats-Unis et Union Européenne en tête) et donc de ravir les marchés.

Toutefois, sachant que les réserves connues sont de moins en moins grandes, le pétrole de par sa rareté, sera , il faut s'y faire, coûteux : question d’offre et de demande.

Seul un réchauffement climatique extraordinaire , entraînant la fonte des glaces du pôle sud, permettrait de nouveaux forages à coût réduit…donc une augmentation de l’offre….mais pas forcément de la demande, car avec un tel scénario, les conséquences ne permettraient plus de faire de ces prévisions.

Sachant que cette analyse, que cette prévision émane de Lehman Brother, il est possible que le marché donne raison à Edward Morse (nous sommes toujours en période de mimétisme et de doute), en terme de résultat,  mais certainement pas en terme d’approche. Ceci dit, rien n’est aussi sur aujourd’hui. Sachant que le marché cherche désespérément sa boussole. Si c’était le cas (avis aux parieurs en tout genre), quel serait le mérite réel d’Edward Morse (ou de tout autre analyste de même genre, Morse n’étant qu’un exemple) ?

Revenons au public maintenant, puisque c'est là où je voulais en venir…qu’a t’il appris, que va t’il retenir d’un tel article ?

Lorsque l’on parle de tels sujets (importants donc), le journaliste ne serait-il pas tenu de mieux maîtriser son texte, de mieux argumenter (pour ou contre, références, données réelles) son texte ? S’agit-il ici d’information ou de propagande ? (On peut se poser la question) Quel est le sens et le but d’un tel article ? Rassurer les gens ou les rendre encore plus manipulés ?

Ce sont en tout cas les questions que je me pose de plus en plus lorsque je regarde les informations, lorsque je lis la presse. On nous montre toujours une infime partie de l’iceberg, tout en nous certifiant, en nous affirmant qu’il ne s’agit que d’un plaque de glace, que tout est là, visible, sur la table.

Et que fait l’opinion publique? Alors qu’elle n’argumente pas ce que les professionnels lui disent, elle se divise, elle s’oppose entre elle, en fonction des partisans du pour et ceux du contre, mais rarement en essayant d’aller plus loin. De faire sa propre analyse, en s’informant (pour/contre, thèse/antithèse).

Le temps où les médias étaient des informateurs sérieux et souvent neutres, un tel travail n’était pas forcement nécessaire, car il faut bien l'admettre, ceci demande du temps. Certes, l’erreur était possible, mais rarement dirigée. Aujourd’hui, prendre du recul avec l’information devient une priorité absolue afin de ne pas  se noyer sous un flot de désinformations.

Prendre pour argent comptant tout ce qu’on nous donne comporte de gros risques, surtout si on agit à découvert

Il s’agit ici d’un exemple une fois de plus parmi tant d’autres, toutefois la réflexion peut s’appliquer dans de nombreux domaines.

Le but n’était pas ici d’argumenter ou de faire des prévisions sur le cours du brut , vous l'auriez bien compris (toutefois de par sa rareté, une baisse ne pourrait être que brève et éphémère, fini le temps du pétrole bon marché, avec ou sans changement de mode de consommation et de production), mais d’amener à la réflexion, en règle générale sur ce qui nous est dit, sans forcement tout remettre en question, mais afin d’aborder les choses avec une meilleure vue d’ensemble.

 

 

Lien de l’article en référence :

http://www.lematin.ch/fr/actu/economie/le-baril-sous-les-100-d-ici-nouvel-an_11-210597

Par DELSHA - Publié dans : Reflexions - Communauté : (Re)pensez le monde
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 1 août 2008 5 01 /08 /Août /2008 17:30

En écoutant les paroles « je te jure que l’amour en vaut la peine » et en remettant ces mots dans un contexte général…

 

Je ne suis par pour la vision « Peace and Love » engendrée, issue des années 70, toutefois je reste convaincue qu’avec d’avantage d’amour, au sans large du terme, il nous serait possible de nous orienter vers la bonne voie (à défaut de la bonne solution, qui comprend un aspect trop théorique, et par conséquent « rigide » « étroit », avec un forte tendance à interprétation au lieu de privilégier l’adaptation continue.

Merci à Zazie de m'avoir inspiré cette réflexion à partager


Larsen

Zazie

le réveil
tous les matins c'est pareil
je ne l'entends pas
c'est comme ça
c'est comme tous ces bruits
que tu fais courir sur moi
ça ne m'atteint pas
c'est mieux comme ça
tant qu'on se parlera sur ce ton
je ferai baisser le son...
 
sourd, on devient sourd
toutes ces sirènes dans nos cours
ça nous gêne
on a beau changer de chaîne
lourd, le cœur est lourd
toutes ces alarmes à l'amour
ça larsen
il faut qu'on reprenne forme humaine
 
la radio
tous les journaux, c'est pareil
on ne s'entend pas
dans ce monde là
ça sonne
téléphone
mais je fais la sourde oreille
je ne réponds pas
ça sert à quoi ?
tant qu'on se parlera sur ce ton
je ferai baisser le son
 
sourd, on devient sourd
toutes ces sirènes dans nos cours
ça nous gêne
on a beau changer de chaîne
lourd, le cœur est lourd
toutes ces alarmes à l'amour
ça larsen
regarde où ça nous mène
 
sourd, on reste sourd
il suffit qu'un peu d'amour
nous revienne
pour qu'on reprenne forme humaine
 
{...}
 
je garde les images sans le son
tu devrais changer de ton
nos silences sont plus beaux
que nos assauts
pourquoi nous tailler l'âme au couteau ?
 
sourd, on devient sourd
toutes ces sirènes dans nos cours
ça nous gêne
on a beau changer de chaîne
lourd, le cœur est lourd
toutes ces alarmes à l'amour
ça larsen
regarde où ça nous mène
 
sourd, on reste sourd
tous ces appels au secours
ça larsen
reprenons forme humaine
sourd, fais pas le sourd
je te jure que l'amour
en vaut la peine
mais laisse ta main
dans la mienne
www.paroles.net - Les Paroles de vos Chansons préférées
Texte soumis aux droits d'auteur - Réservé à un usage privé ou éducatif


 



 

 

Par DELSHA - Publié dans : Reflexions - Communauté : (Re)pensez le monde
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 11 juillet 2008 5 11 /07 /Juil /2008 15:03

 

  • La politique européenne tout d’abord. La France ayant pris la tête de la commission le 1er juillet 2008 et ce pour 6 mois, il se devait de couvrir l’évènement.

    Depuis Maastricht, ou le virage en épingle, la politique européenne se façonne sur le modèle de Washington, avec quelques dissonances certes, mais de moins en moins nombreuses ou de plus en plus étouffées et isolées.
     Le résultat, outre catastrophique tel que nous le percevons (la liste n’a besoin d’être énumérée, il suffit de constater le quotidien), a entraîné un scepticisme européen et un rejet des peuples de la constitution (la France par référendum en 2005 et dernièrement, le 20 juin les Irlandais). Cette attitude n’est pas une façon de promouvoir un  nationalisme, mais une action de contestation. Je ne le pense guère qu’il s’agit de se refermer sur soi. J’ai moi-même voté non au référendum de la constitution européenne en 2005 alors que je suis pro – Europe car me sentant fondamentalement et profondément européenne et pour une Europe des peuples, de la culture, de la créativité, de la découverte, de l’ouverture, de la pluralité, des échanges, telle que l’avais imaginé ses pairs. L’Europe peut beaucoup pour la stabilité du monde, et je veux croire en cette Europe là. Je suis contre cependant l’Europe bureaucratique que l’on tend à nous faire accepter, par fatalité du pire. Une Europe qui s’enferme et se perd dans ses directives, qui n’apporte aucune solution, au contraire. Elle échoue de plus en plus s’ouvrant dans son meilleur rôle, diplomatique, celui qu’elle a pour vocation de devoir jouer.

  • Politique européenne toujours et la colère des dirigeants d’Amérique latine :
    En marge de l’actualité nationale, il y a la décision européenne de renforcer les mesures face à l’immigration clandestine. Une attitude jugée en Amérique latine comme allant à l’encontre du respect des « droits de l’homme ». Position soutenue publiquement et objectivement par notamment Morales (en Bolivie) et Lula (au Brésil) – Chavez ayant une fois de plus joué la carte de la provocation -
    Une telle attitude n’est pas digne de l’Europe et de ce qu’elle est sensée représentée.  
    Ces derniers nous rappellent, à juste titre, que leurs pays ont été des terres d’accueil pour des millions d’Européens au cours des siècles derniers, et ce jusqu’il y a peu (fin des années 80 avec une inversion de tendance). Population qui fuyait la guerre, les dictatures, la misère. Une politique d’immigration rigide et dépourvue de respect des droits fondamentaux des hommes dont veut se doter les dirigeants européens va à l’encontre de nos valeurs et ne sert au final qu’à occulter leur propre échec face à la montée du chômage : fermetures d’usines à répétition, licenciements de masse, délocalisations en série, rachat de sociétés à tout va. Vouloir nous faire croire que l’étranger, en quête de survie, que le miséreux africain, latino américain est responsable des malheurs et des maux des pays de l’Occident. On ne quitte pas son pays comme ça, car contrairement à l’idée reçue, son pays on l’aime généralement. Si on le quitte c’est qu’il est dans la majorité des cas, mal dirigé ou oppresseur. C’est donc : par choix (ce que l’on appelle l’immigration positive dans quelque milieu), par amour (et donc souvent toléré) ou par nécessité, par instinct de survie dans la plupart des cas.
    Si au lieu d’encourager le pire, nos dirigeants européens, et notre super président en tête du cortège durant 6 mois, soutenaient d’avantage le mieux, la politique du mieux, ces hommes et ces femmes n’auraient pas besoin de fuir leur pays. Nous avons les moyens d’agir puisque nous leur fournissons tout notre le pire ou notre façon de la bâtir (fonds, logistique, arme, etc). Cela nécessiterait en contrepartie une réforme profonde de la répartition des pouvoirs, de la redistributions des richesses, du faire valoir des priorités et des objectifs, ceux que l’on annonce jamais ou que très rarement et de façon détournées ou par fuite.

 

  • Les logements sociaux ou le tour de passe-passe en bande-annonce.
    Durant la campagne présidentielle, et notamment lors de l’émission sur TF1 présentée par PPDA (je ne suis plus certaine du titre, mais il s’agissait de l’émission ou les candidats se trouvaient face au public de la Une), le candidat du moment, Nicolas S. , face aux Français donc, annonçait son ambition de vouloir une France des propriétaires, un peu comme l’avait désirée quelques années auparavant  l’administration de Washington, en laissant croire que chacun pouvait avoir accès à la propriété.  Cette ambition a été contrariée (et non remise en question) par l’émergence de la crise dite des subprimes, en août 2007. De nombreux ménages français ont échappé de justesse au pire (accumulation de dettes, diminution du pouvoir d’achat, montée de l’inflation), à savoir : vivre ce que des millions de ménages américains sont en train de vivre. Imaginez le scénario en France, avec une politique monétaire basée sur l’inflation (et par conséquent le maintient ou augmentation des taux directeurs!!) Il est facile d’imaginer ce que seraient devenues les échéances des prêts immobiliers. Nous venons de constater les failles, les limites, les risques et les dangers d’une telle politique, menée par les gouvernements ultra libéraux (USA, G-B) ou en symbioses avec les intérêts de l’ultra capitalisme (favoriser les multinationales, obtention de résultats à court terme) comme c’est le cas en France, en Italie par exemple.
    Aujourd’hui, cette ambition d’accès à la propriété n’est plus d’actualité comme telle, le commun des Français étant en quête de pouvoir d’achat pour subvenir à ses besoins vitaux, pensent d’avantage à vendre qu’à acheter. Le président relance néanmoins cette idée en la teintant, afin de contourner la loi qui impose un minimum de logements sociaux par commune. Les communes riches (comme Neuilly par exemple) qui ne veulent pas voir arriver dans leurs quartiers huppés des familles modestes ou issues souvent de l’immigration, peuvent faciliter la vente de ces logements à des personnes « choisies ». On a beau nous assurer (ou rassurer) derrière les propos de la ministre du logement, qu’il s’agit d’une mesure afin de permettre l’accès à la propriété, l’épisode des HLM de Paris est là pour nous rappeler ce qui se produit dans les faits, de nos jours.

  • Que fait l’opposition en France ? Que relayent les médias en France ? Chacun se pose la question et accuse l’autre de ne pas faire son boulot.
    Plutôt que de s’unir aux voix de défense des droits fondamentaux de l’Amérique latine, plutôt que de défendre les valeurs sociales (celle du logement en l’occurrence), le PS français, par exemple, cherche à élire sa tête.
    François Bayrou, de son côté, cherche à sauver son mouvement en rassemblant ses forces et ailleurs, c’est le silence qui règne. Nous sommes en juillet, et en juillet, la France c’est « Vacances, j’oublie tout » même les chances d’un futur ou d’un lendemain meilleur? La politique, c’est trop chiant, alors en vacances, n’en parlons pas !
    Il est vrai qu’entre la hausse du brut, la libération d’Ingrid Betancourt et la sortie du dernier opus de Carla Bruni, ou du dernier CD de la première dame de France, tous les esprits sont fort occupés. Je suis une partisane du « vacances j’oublie tout » (j’ai encore l’air en tête), cependant par les temps qui courent et tous les dérèglements qui se succèdent et s’entrecroisent (sociaux, financiers, économiques, environnementaux, climatiques) et les conflits ou menaces régnantes (la planète est un foyer à incendie), je me dis que la vigilance est de mise afin de garantir le futur et de préserver l’avenir, à défaut de lendemains qui chantent.

 

On salue et on élit des hommes qui se disent avoir changé et vouloir agir pour l’intérêt de tous. Un certain autrichien avait agit de même en 1939. On donne le bénéfice du doute. Après tout, la situation est tellement désespérée et urgente !? Nicolas Sarkozy a changé, Kadhafi a changé, Uribe a changé, on peut les passer en revue, ils ont tous changé. Normal dira-t’on, nous changeons tous.
Uribe, par exemple, puisque en pleine actualité. Ce dernier, proche du milieu des narco trafiquants, une vraie manne financière pour la Colombie. Il y a fort à parier qu’une grande partie de la richesse familiale y soit liée). Son père n’était-il pas reconnu comme un proche de Pablo Escobar ?. Uribe, celui que la presse internationale vient de saluer, ainsi que les différents responsables de la planète, pour son rôle dans la libération de la Franco-colombienne. Cette dernière, elle même, n’oubliera pas de remercier celui qui représentait ou incarnait hier encore un obstacle pour sortir son pays de plus d’un demi siècle de guérillas et de corruption, de violence et d’inégalités et de le remettre en route vers la croissance et la démocratie. Il a probablement changé, mais la Colombie demeure une terre en flammes.

On accepte, on pardonne aux puissants lorsqu’ils annoncent avoir changé. Ces derniers, une fois élus, ont tendance pourtant à devenir de moins en moins conciliants avec les récidivistes, la tolérance à l’erreur tend vers « zéro ». Notre président, N.S., ne propose t’il pas d’ailleurs, hors caméra mais en son on , d’agir directement sur le mal avant l’âge de 16 ans, auquel cas, il serait trop tard : « après 16ans, c’est foutu » souligne t’il -  voir lien sur marianne2.fr - image off, son on). Qui peut prétendre ne pas avoir changé depuis ses 16 ans ? C’est même une absurdité de poser la question tellement la réponse est évidente. C’est une ineptie totale. Plus grave encore, ces propos sont dangereux car discriminatoires et en fin de compte « extrêmes ». Lorsque l’on est, en démocratie, élu pour représenter les Français (et un courant de pensées) on ne peut pas agir en décideur unique, en petit prince, en roitelet ou autre souverain de la sorte. Ou la démocratie en France existe belle et bien, et dans ce cas, cette attitude (idem que celle à l’égard de la télévision publique) est inadmissible et dénonçable ; ou la France n’est plus qu’une démocratie bananière, et dans ce cas il faut avoir le courage de ses actions et de l’annoncer clairement. Cesser de pratiquer cette hypocrisie désuète et surtout dangereuse.

 

  • Environnement.

Le sommet du G8 vient de s’achever sans grande originalité et avancée, mais personne n’imaginait autre chose. En effet, les membres se donnent jusqu’en 2050 pour réduire de 50% l’émission de gaz à effet de serre. Un objectif dérisoire si on considère l’urgence de la situation, ce que tout le monde concède. Par ailleurs, alors qu’il aurait été recommandé et sensé d’appliquer les chiffres d’émission de 1990 (ce que certains mouvements et protagonistes demandaient), les Etats membres ont décidé de prendre les données actuelles, jugées pourtant dangereuses et insoutenables par les spécialistes.

De l’autre côté, au moment où l’Occident s’octroie un délai de pollution donc, elle exigé des pays du sud, en voie de développement, tels la Chine, l’Inde ou le Brésil, de faire un effort particulier. (Une sorte de « Faites ce que je dis et non ce que je fais »). Une manière détournée de montrée aux pays du sud la suprématie de l’Occident peut-être.

1.      Les efforts sont mis sur le taux d’émission de gaz aujourd’hui (dangereusement élevé) et non sur ceux de 1990 (qualifié par les spécialistes comme tolérable). Dans les mesures adoptées, il ne s’agit pas d’éradication, ni d’interdiction mais de réduction : 50% en 42ans, soit une FOUTAISE totale. C’est comme si un fumeur atteint d’un cancer des poumons annonçait réduire de 2 cigarettes par jour sa consommation, l’effet ne serait pas plus absurde et inutile.

2.      Se réunir pour aboutir à ça alors qu’il suffit à ces Etats d’instaurer l’émission de gaz à effet de serre zéro (ils ont préféré instaurer les crédits carbones, ou le droit de polluer en gagnant des crédits). Ils n’ont pas hésité à prendre des mesures rapides pour le terrorisme, pour la délinquance, pour le tabac et les récidivistes : La tolérance zéro. Il suffit d’une décision de la haute sphère pour une mise en application immédiate avec des résultats frôlant le 100%, tout le reste est de la paraphrase.

3.      On ne peut s’autoriser une diminution si anodine et exiger des pays du Sud une attitude dans ce domaine exemplaire. Ces derniers ayant longtemps été opprimés, en retard, etc., veulent également goûter au progrès. S’ils sont d’accord de faire des efforts, ils s’attendent à ce que nous leur montrions l’exemple. C’est tout l’inverse qui se produit. Certes, il est dangereux pour la planète entière de voir ces pays calquer notre mode de vie, toutefois agir comme nous le faisons n’incite rien de bon. Elle encourage la frustration, la montée de groupes hostiles à l’Occident, fait naître des colères, de l’indignation, entraînant la montée de courants extrêmes et violents. N’est-il pas déjà suffisant de constater toutes les zones de conflits présents sur la planète, au même moment.
Selon certains spécialistes géopolitiques de l’Afrique, le continent se transforme en nouvel Moyen orient, un vivrier de violence, propice au terrorisme. Pas parce que ces hommes sont plus dangereux que les autres, mais parce que la politique menée par l’Occident soutient, encourage, ferme les yeux, renvoie la balle et laisse un continent aux proies aux pillages et à la dérive.

 

Là aussi, il y aurait à faire, avec des résultats bien plus positifs qu’une politique d’immigration encore plus stricte….et que dit les personnes influentes qui ne font pas partie de la majorité au pouvoir ?? Pas grand-chose, malheureusement, car souvent en désaccord de principe , en compétition alors que semblables sur le fond.

 

Quant à notre facteur le plus célèbre, il est aujourd’hui indispensable à l’opposition, puisque n’étant quasiment que le seul contre écho rencontré. Toutefois, ses idées sont parfois trop arrêtées, voir perçues de façon extrême (de l’autre bord). Le capitalisme en tant qu’économie de marché n’est pas forcément un mal , il y a pas mal de bonnes choses mêmes, tant que des organes indépendants et fiables sont en place pour réguler le tout, tant que le monde de la banque répond de sa fonction principale, l’inverse de ce qu’il se passe aujourd’hui au sein des plus grandes institutions internationales, telles que le FMI, la banque mondiale, la FDA, l’OMC, etc.

 

Dernièrement, Ségolène Royal, par le biais de Désir d’Avenir a sollicité les partisans quant aux moyens de répondre à certaines questions. Une démarche en soi positive, mais incomplète il me semble. Il serait présomptueux de vouloir répondre de manière efficace à ces dernières questions ou préoccupations, si celles énoncées plus haut ne suscitent aucune remarque ou prise d’action immédiate.

Les priorités ne sont probablement pas les mêmes entre citoyens et politiques, pourtant elles devraient l’être, surtout quand une majorité ne se retrouve plus dans les projets de ses dirigeants, de ses représentants, ce qu’est au final, dans une démocratie digne de se nom, un élu du peuple, non ?

 

Trop de blabla me dit cet homme là, trop de blabla, j’ai donné déjà…Princesse Erika

 

 



Par DELSHA - Publié dans : Thèmes généraux - Communauté : (Re)pensez le monde
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Lundi 7 juillet 2008 1 07 /07 /Juil /2008 15:34

Nous voilà de retour de notre escapade dans la Suisse des cartes postales. Nous sommes passés par Bern, par Interlaken, nous avons dormi à Brienz, petit village dont le lac porte le même nom, nous avons pris le train à vapeur de haute montagne, avons passé une journée au Musée de Ballenberg (un musée de l' habitat rural suisse par canton et spécificités à ciel ouvert), avons pris le funiculaire le plus ancien d’Europe qui mène aux chutes et à l’hôtel de Giessbach (ce funiculaire a été construit afin  de faciliter l’accès de la dernière étape vers l’hôtel aux voyageurs arrivant par bateau en 1879 !) – Cette balade vaut le détour. L’hôtel étant très romantique et n' étant accompagné que d’un ami, je n’ai pas désirer y passer une nuit. Nous y avons juste pris le dîner et fait une ballade aux pieds des chutes.

Lorsque je parlais de cartes postales, je pense que je ne m’imaginais pas à quel point c’est authentique. Dans les villages, et les villes mêmes (comme pour Interlaken) il semble que le temps s’est arrêté ou qu’il prend son temps, justement, sans vouloir le dépasser. La nature y est omniprésente, respectée car faisant partie intégrante du tout. C’est incroyable Alain  : Il n’y a pas de béton, ou si peu, il y a des lacs partout, des rivières, les montagnes , nous sommes au cœur des Alpes, sont partout. Il y a toujours des entreprises de qualité pour faire tourner les villages, les bourgades. Ces entreprises permettent un de fournir un emploi et de maintenir une population active et des revenus. Ceci permet de ne pas avoir une population vieillissante ou basée uniquement sur les sports d’hiver et/ou le tourisme d’été, trop peu lucratif pour certains villages.

Les eaux des lacs (comme celui de Brienz, où nous avons séjourné quelques jours) sont de couleur turquoise. Il n'y a pas à aller au bout du monde pour trouver une telle couleur d'eau. Cela me rappelle la couleurs des "gouilles", des rivières des Cevennes. 
En rentrant, la puce a voulu regarder le film que nous avions fait. La première remarque que je me suis faite est qu’il y règne un calme (ou un bruit) apaisant. Les sons sont si agréables, si tranquilles. Certes il y a des voitures, ce n’est pas le Moyen-Âge non plus, mais il n’y en a suffisamment pas trop pour ne pas prendre le dessus des sons naturels qui nous entourent et qui sont si harmonieux. Juste ce qu’il faut pour être agréable. Les gens marchent souvent, les distances étant raisonnables et le temps étant mis à disposition, nombreux vont à vélo,  beaucoup en deux roues ou utilisent les transports en commun : trains, bateaux (beaucoup de lacs) et bus. Il y a d’ailleurs encore des bus postaux, même si ces derniers ne sont plus publics (la poste a été privatisée récemment en Suisse). Dans le temps, la Poste (service public) avait ses propres bus pour acheminer les enfants et les gens d’un village à l’autre. Ils avaient un klaxon particulier, pour avertir aux croissements dans les virages en épingle. Aujourd’hui ces bus sont neufs et spacieux, privés et cependant, ont conservé leur usage ("Pourvu que ça dure"). C’est de surcroît, un excellent moyen de se déplacer pour les touristes car ils suivent un itinéraire plus rural et sont un excellent moyen de découvrir les régions.

La cuisine est plutôt rustique (un peu comme celle des villages de ma région, la Haute-Savoie) et ne convient pas pour tous les jours de l’année, car très lourde. Toutefois elle est agrémentée de produits du terroir de qualité, souvent produits localement : Et oui, ça se passe encore comme ça dans de nombreuses régions de Suisse. ! J’ai souvent du mal à le croire. Quand je regarde Genève, la banquière et la ville internationale, j’ai tendance à ne plus voir cette part de la Suisse, pays soucieux de son environnement, de sa culture et de ses gens, qui aime les traditions sans être conservateur, qui aiment le beau sans dédain. Je comprends mieux pourquoi ce label « made in Switzerland » est synonyme de qualité, un peu partout.

J’ai mis du temps à visiter la Suisse alémanique, qui représente pourtant la plus grande part de la Suisse , et ce en raison du barrage de la langue. J’ai fait trois ans d’allemand mais suis une bille, car je n’aime plus cette langue. Une prof m’a dégoûté (et je l'ai eu deux ans de suite) et je n’ai jamais plus fait d’effort pour apprendre. J'ai même fait un blocage. Le suisse allemand, c’est très particulier, et puis il y en a plusieurs, et il faut choisir. J’ai commencé à m’apprivoiser avec Zurich, ville où j’ai souvent séjourné pour mon travail et ensuite par plaisir. Ce sont des gens charmants, qui contrairement aux suisses romands, dont je suis assimilée d’ailleurs (alors que nous sommes en représentation minoritaire). Ils parlent presque tous le français et savent généralement parfaitement l’anglais (la Suisse est un pays très touristique il ne faut pas l’oublier, on y rencontre par conséquent un peu tout le monde : des Asiatiques (Japon, Chine, Corée) aux Indiens, des Orientaux aux Américains…c’est toujours un passage « oblige » des circuits en destination de l’Europe, et pour de nombreuses raisons. Il me semble même qu’il y a le plus grand nombre de haltes (en tout cas pour les Asiatiques). En effet, outre l’aspect « Made in Switzerland » (chocolat, fromage, horlogerie de qualité et de luxe), il y a sa position internationale et géographique qui en fait un pays très touristique. De plus, de nombreuses régions sont classées au patrimoine mondial de l’Unesco et sont uniques !


Genève ou bien :

Malgré la beauté de ses quartiers, malgré son ouverture à la culture (spectacles gratuits de qualité), Genève devient de plus en plus hautaine, avec sa population de fonctionnaires internationaux, d’avocats, de banquiers, de people et touristes de luxe (arabes, russes, etc.), agressive et polluante (trafic, 4X4), grandissante.

Cette escapade de trois jours m’a fait un bien fou et me confirme que le monde qui m’entoure fait tout faux, ou presque. J’adore mon métier, mais ce dernier se trouve de plus en plus contaminé par le côté show off , dont Genève se fait la vitrine et l’ambassadrice (nous sommes loin de l'image des Sissi – impératrice assassinée à Genève d’ailleurs). Une ville certes de traditions conservatrices (dans le sens positif du mot) qui tend à devenir une conservatrice opportuniste, avec tous ses travers.

Il n’empêche que j’aime vraiment cette ville (j'y ai mis le temps), cette ville que chantait Marie Laforêt dans « Genève, ou bien » : Une chanson méconnue et pourtant si belle, surtout lorsque l’on vit à Genève et que l’on connaît cette ville, ses quartiers et ses alentours, sa campagne. J’aime son atmosphère dès qu’elle retrouve un caractère familial et léger, plus proche des parcs que d’un bureau, d’un vélo que d’un gros moteur. J’aime Genève les dimanches par exemple, quand les bureaux et le centre se vident de ses uniformes qui se rendent vers une résidence secondaire à la montagne, dans sa propriété privée au bord du lac ou isolée, à bord d’une grosse cylindrée. Laissant en ville l’autre partie de Genève, celle qui te sourit et ne te regarde pas de haut, ou alors aux fenêtres de sa maison ou d’un bus et répondent aux "coucous" d'une enfant de trois ans. Genève plurielle et fière, un peu comme celle de l'été "PACE" aux fenêtres, après la tenue du G8. 

Genève, la grande gueule , comme la nomme les autres cantons, s’anime mais n’est pas bruyante, elle est mixte et harmonieuse, diverse et unique. Il y a un côté « on se sent bien ici » !

Genève la banquière, oui, mais celle qui m’a appris à aimer ce métier et non celle qui se multiplie et se propage.

Genève la riche, oui mais authentique, vraie et sociale car respectueuse des gens, de ses gens. Genève qui vit avec son temps, mais qui ne le devance pas, ne le limite pas. Qui opte pour le progrès social et non le progrès qui profite à si peu.

Genève, ville de Rousseau, de Dunant et non des Stern and Co ( seule la fonction des personnages est donnée en exemple).

Genève n’a pas à rougir de ses banquiers, de ceux qui ont fait d’elle une place mondialement reconnue, et dont certains élèves subsistent. Par ailleurs, grâce à une communauté plurielle et vivante, elle perpétue son nom d’internationale (avec toutes ses belles valeurs), malgré l’ombre institutionnelle bureaucratique souvent qui s’est installée et qui s’élargie - Alors même que la ville (et le Canton) manque de logements habitables (un des pires cantons selon les chiffres officiels), elle va construire une nouvelle aile pour répondre aux exigences internationales (l’OMC s’agrandit)…

Comme à travers diverses réflexions, Genève, en tant que ce qu’elle représente, devient paradoxale, car se déshumanise au nom d’intérêts particuliers ou de mimétisme et probablement en raison du laisser-faire général. Ici aussi, la tendance est à la division des gens.

Plutôt que de courir les stations de renoms telles que Megève, Courchevel, Verbier ou autres stations « peoplelisée », j’aimerais bien inviter, encourager l’élite de Genève à aller s’aérer là où le luxe, le calme et la volupté émanent de la nature et non de l’étiquette affichée sur un article, une chambre, une auto ou une montre… je viens de le vivre et c'est riche de sensations.

Aimer l’argent pour ce qu’il représente et non pour ce qu’il permet d’afficher, prendre le temps de vivre et non de vivre contre la montre et donc contre le temps lui-même. Profiter de ceux qui nous entourent et non pas s’entourer de ces profits, qui ne profitent à rien ni même à personne. Préférez le grand air à l’air conditionné, et prendre le temps de contempler sans vouloir systématiquement « acheter » (ou « à jeter » l’argent par les fenêtres aux yeux de ceux qui comptent leurs sous). Sans tomber dans le ton « Cosette », l’image est pourtant assez proche de la réalité, de celle de beaucoup, et est le quotidien bien réel de trop de nombreuses personnes. Tout ça parce que certaines personnes ont préféré le profit à la vie, tout simplement ou aussi bêtement que ça.

 

Par DELSHA - Publié dans : Confidences - Communauté : (Re)pensez le monde
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Mardi 17 juin 2008 2 17 /06 /Juin /2008 21:46

Dernièrement j’ai pondu un texte sur la question du fond et de la forme*, une manière d’entrer en la matière et de parler de la création de sociétés en forme de coquille vide, à l’image des entreprises, des gouvernements. On y met les formes à grand renfort de communication, de marketing et de slogans, de désinformation puis de réformes.

En se penchant d’avantage sur ce thème, il est aisé de constater que le fond importe peu puisque seul est porteur l’image renvoyée, perçue même si déformée…le jeu du miroir dans l’eau, une façon d’imager cette image et de la rendre plus concrète.

Pour aborder le fond, les problèmes de fonds, mieux vaut être le mieux placé (rang, niveau) au risque de se prendre une gamelle et de toucher le fond.

Les représentants politiques, les grands économistes et financiers, les grands entrepreneurs ont défini le cadre et imposent, de manière plus ou moins directes (ou détournées) leur image. Depuis peu, grâce aux successions de crise (financières, sociales, climatiques, etc) ils mettent de moins en moins les formes.

Malgré ce constat quasi unanime, il demeure difficile de pouvoir s’exprimer sur la question sans susciter de brouille, perte momentanée d’images mais avec montée de ton. Un peu comme il se produit lors de la recherche de canaux sur un écran de TV.

Le discours est mal perçu, trop sérieux car renvoie une image peu réjouissante. Un peu comme s’il s’agissait d’une fatalité : Peu importe le « présent » pourvu que l’emballage soit beau…et c’est comme ça que certain se sont vus passé sous le nez un joli « paquet

fiscal » …entre autres !

Les privatisations à tour de bras ont privé les pays du Sud (et ceux de l’Europe de l’Est) des ressources nécessaires à leur bon développement.

Les fusions et acquisitions à répétition ont fait le nez à des milliers d’emplois (des plans sociaux qui n’ont rien de social…mais c’est juste pour la forme !).

La mondialisation, terme néolibéral pour exprimer la domination des administrateurs aux quatre coins de la planète, appauvrie le monde et dérobe la planète de ses ressources, en provoquant moult et moult déséquilibres. Je pourrais développé, mais ce n’est pas le thème abordé….

Quel est donc le lien, le point commun entre privatisations abusives, paupérisation du Sud et gentiment du Nord, les désordres et crises diverses, le chômage et le pouvoir d’achat des Français ?

Un homme : M. Friedman

Ses descendants : partisans de sa théorie relayée par les élèves de l’Ecole de Chicago et ses filières

Un modèle : une économie ultralibérale (néolibérale dans le texte)

Une idéologie : Remplacer l’Etat par le « corporatisme » au sein des sociétés…

Une passation de pouvoir en forme de tour de passe-passe !

 

D’un côté, les institutions internationales font mine de s’apitoyer sur la pauvreté grandissante, la famine, le chômage, le réchauffement climatique, la pollution, etc…sans pourtant remettre en cause, ou même soulever la question du rôle de ces « super corporates » (multinationales, ces dernières n’étant plus exclusivement américaines, la libéralisation des échanges obligent).

Alors même que ces dernières délocalisent, exploitent, font pression…Le lien est pourtant sans équivoque…mais ne se fait guère (il y aurait également beaucoup à dire sur les soi-disant « guerres contre … le terrorisme», « guerres pour … la démocratie », mais une fois de plus, ce n’est pas le thème du jour) Ce lien ne se fait pourtant pas ou peu, de façon si marginale. Remettre le rôle des ces multi nationales en question risquant fort de faire renaître le spectre du communisme (socialisme, démocrate étant des termes politisés pour donner l’impression de choix lors du dernier bastion démocratique : les élections ! Le principe du bonnet blanc, blanc bonnet.

S’opposer à ces firmes : Impensable. Elles permettent la création de milliers d’emplois (et en suppriment des millions en avalant ses consoeurs), elles garantissent les fonds nécessaire pour donner forme aux campagnes présidentielles de plus en plus médiatisées et coûteuses (généreuses participations), elles assurent aux élus une retraite dorée au sein de leur conseil d’administration…et le tour est joué.

En agitant le spectre d’un mal imaginaire (ou déformé par tant d’images), on détruit dans l’œuf les seuls mouvements dignes d’éclore

Alors, coquilles vides ou œufs garnis ? Même un enfant de 3 ans s’aurait faire la différence…avec un adulte plein de convictions la tâche est bien plus compliquée.

On ne fait pas « d’hommes » lette sans casser des œufs, encore faut-il ne pas s’accommoder de coquilles vides.

 

*

Le texte original a été envoyé à mes amis exclusivement, qui ignorent le lien de ce blog. Il sera rajouté prochainement. 

 

Par DELSHA - Publié dans : Reflexions - Communauté : (Re)pensez le monde
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires

Présentation

Créer un Blog

Recherche

Calendrier

Février 2012
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29        
<< < > >>
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus