Pourquoi Monsanto ?
A l’heure où plus de la moitié de la planète meure de faim, que les économistes nous alarment avec la flambée des prix des matières premières (des céréales),
que les écologistes sonnent le glas des risques de l’utilisation abusive de pesticides, que les associations anti-OGM et autres réclament le faire-valoir due principe de précaution (c’est le
droit de dire : je ne veux pas être un cobaye), refusé par les Etats-Unis, les multinationales de l’agroalimentaire, et plus particulièrement la société MONSANTO, tisse sa toile de
tous les dangers.
Derrière une façade « humaniste » (nourrir les pauvres), le leitmotiv de ses dirigeants est : Comment faire encore plus de profit.
L’argent à tout prix, y compris la vie de millions d’humains.
En bref, Monsanto c’est quoi ?
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le Roundup,
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Terminator
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Viêt-Nam => l’Agent orange de Monsanto tue encore aujourd’hui au Viet Nam
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Soja transgénique => Monopole mondial
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Pratiques déloyales (lobby)
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Accords douteux => avec la firme BASF (déjà présente dans l’Allemagne nazie)
Monopole du brevet
Anti et pro-OGM côte à côte contre Monsanto
Un brevet divise les géants de l’industrie OGM
L’Office européen des brevets (OEB) doit statuer les 6 et 7 mai prochains sur la validité d’un brevet concernant la fabrication du
soja génétiquement modifié. Un brevet que Monsanto, n°1 mondial du soja OGM, a contesté pendant deux ans, avant de le racheter en 1996. Un brevet aujourd’hui contesté à la fois par des
associations anti-OGM et par les concurrents de Monsanto.
Enregistré sous le numéro 301749, le brevet sur lequel l’OEB doit se prononcer le 7 mai 2003 est l’un des plus célèbres du monde de
l’agriculture biotech. Il concerne la fabrication du soja transgénique par la technique dite du "canon à gènes".
Couramment employée par l’industrie des OGM, cette technique consiste à bombarder les cellules de la plante qu’on souhaite modifier
par des billes métalliques entourées des gènes qui vont lui être ajoutés.
Le brevet européen n°301749 a été délivré en 1994 à la société Agracetus. Il concerne toutes les variétés de soja génétiquement
modifiées (quels que soient les gènes insérés).
Alliance contre-nature ?
Aussitôt après la délivrance du brevet, en 1994, Monsanto a déposé une plainte auprès de l’OEB pour tenter de le faire invalider.
Dans un rapport de près de 300 pages, les avocats de Monsanto critiquaient notamment la méthode scientifique employée par les chercheurs d’Agracetus ainsi que le peu de nouveautés apportées par
la technique d’Agracetus.
La même année, les associations écologistes se lançaient elles aussi dans la bataille juridique. En décembre 1994, l’ETC, une association canadienne qui lutte pour le maintien "de la diversité culturelle et écologique",
portait plainte contre ce brevet qu’ils jugeaient "techniquement défectueux et moralement
inacceptable".
Mais en avril 1996, Monsanto a acheté Agracetus et son brevet. Plus question, dès lors, d’en mettre la valeur en doute. Aujourd’hui,
le géant des céréales OGM doit défendre devant l’OEB le brevet qu’il dénonçait il y a neuf ans devant la même instance.
Aujourd’hui et demain, les membres de l’OEB entendent, dans le camp des opposants à Monsanto, les arguments des sociétés Syngenta et
Dupont, concurrents de Monsanto, ainsi que ceux des représentants d’ETC, soutenus par Greenpeace.
Une situation paradoxale qui fait sourire Eric Gall, conseiller politique de Greenpeace Europe : "Pour une fois, nous nous retrouvons côte à côte avec des représentants de l’industrie des OGM". Mais, pour Eric gall, l’alliance s’arrête là : "Nous n’avons pas les mêmes arguments : Novartis et Dupont défendent leur part du gâteau, nous dénonçons les
conséquences des brevets sur le vivant."
Quasi-monopole
L’enjeu économique est de taille pour Syngenta et Dupont. Le maintien du quasi-monopole de Monsanto sur le soja OGM importé en
Europe dépend de la décision de l’OEB. En 2002, Monsanto a fournit près de 90 % du soja transgénique à l’Europe.
Quant à ETC et Greenpeace, ils comptent profiter des auditions de l’OEB pour faire entendre leurs arguments contre le système des
brevets sur le vivant. Eric Gall affirme : "Nous pensons que le système des brevets, qui
devrait protéger les petits inventeurs, profite en fait aux multinationales. Ce système conduit à un monopole des ressources génétiques. De plus, à force de breveter toutes les étapes des
processus de fabrication, dans l’informatique comme dans la génétique, on va finir par bloquer l’avancée de la recherche".
Les auditions prennent fin demain, mercredi 7 mai. La décision de l’OEB devrait suivre dans les prochains jours.
Anne Lindivat
Le communiqué d’ETC:
http://www.etcgroup.org/article.asp...
L’Office européen des brevets:
http://www.european.patent-office.org
Monsanto et TERMINATOR (Technology protection System)
MONSANTO
Monsanto est la plus grande entreprise agro-alimentaire mondiale. En fait, c'est le deuxième fabriquant mondial de produits agrochimiques et l'un
des plus grands semanciers.
Cette entreprise est la créatrice de la technologie "Terminator" qui lui permet de brasser des millions de dollars.
Comment cette entreprise est-elle devenue aussi puissante ?
Pour répondre à cette question nous étudierons tout d'abord les origines et le développement de Monsanto, puis nous verrons ce qu'est
"Terminator".
Monsanto chemical company fut créée en 1901 par John Francis Queeny, un chimiste autodidacte. Son siège se trouve à St Louis.
En 1920, c'est le plus gros producteur d'acide sulfurique et autres produits industriels de base. Son industrie est donc d'ordre chimique.
En 1940, elle centre ses activités sur les matières plastiques et synthétiques.
Monsanto a commencé à avoir affaire aux dioxines à la fin des années 40. De nombreuses personnes de l'usine tombent malades mais Monsanto
dissimule les preuves. Il faut attendre 1957 pour identifier la dioxime comme responsable.
Monsanto est le créateur du Roundup, un herbicide au glysophate. Il représente un sixième des ventes annuelles de l'entreprise. Une grande
campagne de publicité montre le Roundup comme "l'herbicide ultime". Cette campagne est très controversée et Monsanto subira un procès pour publicité mensongère : en effet, le Roundup n'est pas
aussi bénin que le laissait croire la publicité.
Monsanto poursuit exactement les mêmes pratiques douteuses pour la promotion agressive de ses produits transgéniques de l'hormone de croissance
bovine HCBr (destinée à augmenter la lactation des vaches), au soja modifié pour résister au Roundup, en passant par des variétés de coton résistant à certains insectes.
Cependant il a fallu faire accepter à la F.D.A la HCBr. Un vétérinaire de la F.D.A. a déclaré que Monsanto et la F.D.A. ont caché des données qui
montraient les effets néfastes de l'hormone sur les vaches laitières.
Malgré cela, la F.D.A. donne le feu vert à Monsanto pour commercialiser la HCBr en 1994. L'année suivante, beaucoup de problèmes apparaissent (en
plus des 21 risques pour la santé que Monsanto est déjà tenu de citer sur les emballages) : un grand nombre de vaches laitières meurent spontanément, la fréquence des infections mammaires est
élevée,.... Une bonne partie des éleveurs qui ont essayé HCBr ont dû renouveler leur cheptel.
Monsanto laisse donc de côté ce projet et attaque le développement de la technologie "Terminator".
Monsanto est l'entreprise agro-alimentaire américaine qui s'est fait connaître grâce à la mise en place de "Terminator". C'est cette
multinationale qui a créé le gène "Terminator".
En fait "Terminator" est le nom donné au brevet créé par les Américains pour le maïs transgénique mais celui-ci est péjoratif. Le vrai nom du
brevet est Technology Protection System. Grâce à ce brevet les semenciers vont s'assurer le contrôle total du vivant et surtout il permet un grand développement industriel où le sort et les
droits des agriculteurs sont de plus en plus négligés.
Le blé a résisté longtemps à l'hybridation lucrative mais c'est en train de changer car récemment (début 2001) Monsanto débordait d'éloquence à
propos d'un nouveau blé hybride. De plus le blé représente la plus grande surface cultivée de la planète ; l'émergence d'un monopole sur cette culture avec la création d'hybride serait une
véritable aubaine pour Monsanto. La cible de Terminator est les agriculteurs des pays du Sud car ils vont pouvoir les exploiter plus facilement vu qu'ils sont pauvres et avec de mauvaises
cultures. La société compte mettre assez de graines dès les premières années pour couvrir 405 millions d'hectares. Et selon cette société américaine, la valeur de la technique Terminator peut
atteindre 4 dollars par hectare dans le cas des cultures maraîchères haut de gamme et le brevet pourrait donc valoir 1 milliard de dollars.
La technique Terminator se fonde sur l'insertion dans le génome d'un mécanisme de suicide déclenché par un stimulus externe spécifique et le
résultat pour la génération suivante est l'auto-destruction par auto-intoxication. Il peut y avoir aussi un autre bilan mais le résultat final sera obligatoirement une graine morte à l'autre
génération.
En fait "Terminator" consiste à stériliser les semences transgéniques car une fois que la plante, comme la maïs, a été cultivé, ses graines ne
peuvent plus germer donc il ne peut plus ressemer une partie de sa récolte. Il faut donc renouveler tout son stock de graines pour pouvoir ressemer. Cette technologie va donc permettre à
l'entreprise qui a mis en place ce plant transgénique de s'enrichir et donc les PE.D qui l'ont cultivé vont se retrouver forcément dépendants de cette entreprise. La grande multinationale va donc
avoir le monopole.
La multitude des gènes de "Terminator" risque d'introduire de nouvelles toximes et des allergènes dans l'alimentation des animaux et des êtres
humains. Mais aussi "Terminator" protège les grandes sociétés et multinationales en risquant la vie des gens. C'est de la malhonnêteté.
Il n'y a aucune raison de mettre en péril la sécurité alimentaire des plus pauvres en jouant à la roulette génétique dans les champs. Que
"Terminator" devienne opérationnel ou demain, il signifie la guerre biologique contre les agriculteurs et la sécurité alimentaire !
"Terminator" n'a pas tout de suite été actif mais l'esprit de l'enrichissement était déjà présent beaucoup plus tôt. Comme pour les petits
agriculteurs américains qui avaient l'obligation de signer un contrat où ils n'utiliseraient pas l'herbicide de Monsanto et où ils seraient obligés de ne replanter aucune semence. Ceci va bien
entraîner une dépendance envers Monsanto et aussi un marché ou le monopole de cette multinationale agro-alimentaire.
"Terminator" présente un autre inconvénient majeur car grâce à une sorte d'interrupteur il peut réveiller ou endormir certains caractères. En
fait on peut travailler sur des plants ou des semences dont la maladie serait programmée et serait au début indécelable par l'homme puis au cours du temps et avec la présence de certains
produits, elle pourrait être détectée. Cela montre qu'au moment de la consommation des plants, la maladie n'aurait pas été détectée alors qu'elle était bien présente.
Bibliographie
La recherche 337 (décembre 2000)
Sciences et avenir (mai 1999)
Alternatives économiques 173 (septembre 1999)
Cahier de sciences et vie (octobre 2000)
www.transnationale.org/sources/alimentation/transgénique - ecolo1.htm
Julien VERONESE, Clément FRITZ
Voir documentaire diffusé sur Arte : OGM, L’horreur ! Réveillez vous avant….
Disponible sur dailyMotion : http://www.dailymotion.com/comments/video/xrn35_ogm-lhorreur-reveillez-vous-avant_events/3
Rôle des fonds (pensions, equity funs, etc…) qui investissent massivement dans l’agriculture commerciale…et soutien la « poule aux
œufs d’or).
Argentine (Formosa) en conflits avec la firme MONSANTO
Cultures OGM(Soja Transgénique) : Une menace sur la sécurité alimentaire (MONSANTO – CARGILL)
Une plaie pour l’Argentine. Hectares de forêts transformés en charbon puis transformé en champs transgéniques. Car l’argent du soja
permet de contourner les lois, les règles. (comme argent de la coca en Colombie)
Non aux OGM, soutenir l’action (grève de la faim) de José Bové. La France et l’Europe doivent INTERDIRE l’utilisation des OGM. La
communauté internationale (soutenue par la F.D.A.) doit sanctionner les firmes responsables telles que MONSANTO et CARGILL
Venezuela : les multinationales ouvrent la voie à la culture des transgéniques
Etat de Portuguesa, Venezuela. Désinformation, manque de surveillance et bonne propagande, tels sont les éléments qui
ont favorisé les multinationales productrices de semences génétiquement modifiées pour préparer le terrain de la production de transgéniques au Venezuela. Les producteurs assurent que des
expériences avec du maïs transgénique ont déjà eu lieu. La campagne vénézuélienne est toujours menacée par les intérêts des industries productrices de semences génétiquement
modifiées.
par Claudia Jardim
15 décembre 2004
En avril de cette année, alerté par un dirigeant brésilien du mouvement Vía Campesina sur les projets de la multinationale
Monsanto de cultiver du soja transgénique dans le pays, le président de la République, Hugo Chávez, a interdit l’utilisation de transgéniques dans la production agricole. La déclaration du
président a été applaudie par les mouvements sociaux et paysans de tout le continent qui luttent contre la domination des multinationales dans l’agriculture. [1]
Cependant, en dehors du discours du président, rien n’a été fait. Aucune loi ni aucun décret n’a été étudié afin d’interdire
ou de réglementer l’utilisation des transgéniques dans le pays. Comme cela s’est passé au Brésil sous le gouvernement de Cardoso. Quand la plantation illégale dans les champs de l’état du Río
Grande do Sul a commencé, le ministère de l’agriculture et des terres (MAT) n’a pas surveillé la production ni l’entrée de semences en provenance des Etats-Unis et d’Argentine (respectivement les
premier et deuxième producteurs mondiaux de transgéniques).
Le président de l’Institut national d’investigation agricole (INIA), Prudencio Chacón, affirme que 70% des semences
vénézuéliennes sont importées et admet qu’il n’existe pas de contrôle douanier pour l’entrée des semences. « Il est probable que, comme dans d’autres pays, les semences entrent en
contrebande, mais nous n’avons aucun contrôle » dit-il.
Le manque d’équipements capables de détecter les transgéniques est un des facteurs qui empêchent cette surveillance.
« Nous n’avons pas d’équipement. Pour avoir des preuves, nous devrions engager une entreprise privée et cela revient très cher », affirme Jesús Ramos Oropeza, directeur général
du Bureau national de la biodiversité biologique du ministère de l’environnement.
Oropeza, qui fait partie de la commission qui discute du projet de loi sur les biotechnologies, dit que des débats ont lieu
afin d’évaluer les conséquences des organismes génétiquement modifiés (OGMs) sur l’agriculture avant qu’un cadre légal soit décidé. Pendant que l’on attend l’élaboration d’une loi, l’Etat se base
sur le principe de précaution prévu dans le protocole de Carthagène dont le Venezuela est signataire. « Nous ne savons pas encore si cela est bon ou mauvais. Ce qui est sûr, c’est que
les transgéniques vont à l’encontre de la logique du gouvernement parce qu’ils génèrent une dépendance » assure-t-il.
Pendant que le cadre légal est débattu, les multinationales Cargill, Monsanto et Pioneer -trois des cinq entreprises qui
contrôlent le marché mondial de semences- et qui contrôlent le marché vénézuélien de la vente de semences hybrides (stériles), sont toujours plus présentes dans le pays. La Dekalb, une des
représentantes de Monsanto, sponsorise l’équipe junior de base-ball : les « Criollitos ». En Argentine, la Deklab produit du maïs transgénique.
En accord avec le président de l’Association des producteurs ruraux de Portuguesa (Asoportuguesa), les
multinationales cultivent déjà des semences génétiquement modifiées. « Les transgéniques existent déjà, ils sont expérimentés dans une grande discrétion » affirme Juan
Palacios. « Tant les vendeurs que les agriculteurs disent que Monsanto expérimente déjà du maïs transgénique » répète l’agronome de l’association, Orlando Villegas.
Les représentants du gouvernement comme les producteurs n’écartent pas la possibilité qu’il existe des plantations illégales
dans le pays. « La seule garantie que nous ayons que les semences ne soient pas transgéniques est la parole de l’entreprise. Certifier les semences rend l’importation encore plus
coûteuse » déclare Jorge Alvarado, dirigeant général de Fedeagro.
Selon la loi sur les semences, toutes les demandes d’expérimentation avec des transgéniques doivent être déposées au
ministère de l’environnement (MMA, sigles en espagnol) qui doit certifier l’innocuité biologique de l’expérimentation. Le représentant du MMA, Jesús Ramos Oropeza, assure qu’aucune
demande pour la réalisation d’expériences n’a été déposée au ministère. « Personne n’a demandé d’autorisation, mais comme nous n’avons pas de système de surveillance, personne ne peut
affirmer qu’il n’en existe pas » dit-il.
Lors de la réalisation de ce reportage, nous avons tenté de consulter Monsanto pour que l’entreprise commente ces
affirmations mais nous avons été informés par son porte-parole que Monsanto n’était pas présente dans le pays.
Ceci n’est pas la première dénonciation de soupçons surl’existence de cultures illégales de transgéniques dans le pays. Des
enquêteurs de la Red de Acción y Alternativas al Uso de Agrotóxicos en Venezuela (Rapalve) soupçonnent que le « Projet Coton », créé récemment par le ministère de l’agriculture
et des terres, suppose l’utilisation de semences transgéniques de Monsanto, qui aurait donc déjà commencé des expérimentations dans les campagnes du pays.
Une campagne dans les campagnes
La stratégie utilisée dans des pays comme l’Argentine, le Brésil et la Colombie pour convaincre les agriculteurs d’adopter
des transgéniques a aussi été un succès au Venezuela. Dans l’état de Portuguesa, un des plus grands producteurs de maïs du pays (base du régime alimentaire de la population) et une grande partie
des producteurs sont convaincus des supposés bienfaits des organismes génétiquement modifiés (OGM). « Nous sommes biologistes, mais l’information que nous avons en provenance d’autres
pays, c’est que nous pouvons baisser les coûts de production. Nous sommes prêts à essayer » affirme Juan Palacios. Le président de Asoportuguesa, qui dit suivre de près les discussions
sur les transgéniques dans le pays, appuie la libération de la culture de semences génétiquement modifiées. « Les entreprises étrangères disposent d’une technologie plus avancée et
dominent la production mondiale de maïs. Nous ne pouvons pas arrêter cette technologie » soutient-il.
Pour le gérant général de la Confédération nationale des associations de producteurs agricoles (Fedeagro), un autre facteur
en faveur de cette culture serait la réduction des coûts de production. « Nous sommes pour parce que l’environnement est fort dégradé par l’usage des agro-toxiques. Avec les
transgéniques nous pourrions réduire l’usage d’herbicides et augmenter la production » affirme Alvarado.
Au contraire de ce qu’affirment les producteurs vénézuéliens, l’histoire de l’Argentine voisine qui a servi de laboratoire
aux OGM en Amérique latine, révèle que la productivité et l’économie ne font pas partie de l’équation de la culture des transgéniques. La capacité de production du pays se réduit à chaque
nouvelle récolte.
C’est la même chose en ce qui concerne l’usage des herbicides puisque l’on doit maintenant en utiliser de plus grandes
quantités qu’au début dans le cas du soja et du maïs transgéniques. Ces deux facteurs ont entraîné plus de frais et une plus grande pollution des eaux (des nappes phréatiques) et des sols, qui
perdent en fertilité.
Les spécialistes comparent le gliphosate, base de l’herbicide utilisé dans la culture des transgéniques, au célèbre agent
orange, puissant herbicide utilisé par les Etats-unis pendant la guerre du Vietnam et responsable de la mort de milliers de personnes et de malformations physiques. En Colombie, la version de
l’agent orange commercialisée par Monsanto est le Roundup Ultra, utilisé pour les fumigations des plantations de coca et par lesquelles des milliers de paysans sont contaminés.
Contradiction
En dépit du fait que le gouvernement de Chávez défend une position claire contre le monopole des multinationales dans
différents secteurs de l’économie, et particulièrement en ce qui concerne l’alimentation, les actions menées par le ministère de l’agriculture vont à contre courant de la logique de la Révolution
bolivarienne. En accord avec Asoportuguesa, 98% des semences de maïs importées dans le pays sont hybrides et 70 % de celles-ci proviennent d’entreprises étrangères. Ce qui signifie que la
majorité des producteurs ont déjà accès aux semences contrôlées par les multinationales.
C’est une des raisons qui pourrait pousser Orlando Nardini, producteur, à cultiver des transgéniques. Nardini raconte qu’il a
été convaincu des avantages des transgéniques quand il s’est rendu au Brésil pour acheter du matériel agricole. « Il m’ont emmené voir une hacienda à No Me Toque (état du
Río Grande do Sul) de Monsanto et cela m’a plu ».
Ce qu’ils n’ont pas raconté à Nardini c’est que, en plus de devoir acheter les semences, les agriculteurs doivent aussi payer
des droits pour l’utilisation de la technologie développée par la multinationale comme cela est arrivé aux producteurs brésiliens qui avaient planté illégalement du soja transgénique dans le Río
Grande do Sul. Monsanto, qui a obtenu le brevet mondial de soja transgénique à l’Organisation mondiale du commerce (OMC), fera payer aux agriculteurs brésiliens près de 0,40 dollars US par
sac.
Le président de l’INIA, Prudencio Chacón, qui considère que l’aspect économique est un des plus préoccupants dans l’adoption
des transgéniques, admet les erreurs du gouvernement sur ces aspects et considère qu’il n’est pas possible d’exiger des agriculteurs qu’ils produisent des variétés de semences si l’état ne leur
offre pas d’alternatives. « Nous ne pourrons pas nous battre avec les multinationales si nous ne garantissons pas l’accès des producteurs aux semences » affirme-t-il.
Souveraineté alimentaire et agro-business
Le contrôle des multinationales sur la production de semences dans le monde va de pair avec le modèle agro-industriel de
production. Les entreprises productrices de semences ne sont pas intéressées par la culture sur de petites parcelles. Il faut une grande production mécanisée pour que la production soit rentable
pour les industries qui font des bénéfices sur les ventes liées aux semences et aux herbicides.
Ce modèle défendu par l’agro-industrie des transgéniques comme une des alternatives pour en finir avec la faim dans le monde
a été responsable de l’expulsion de milliers d’agriculteurs qui se voient obliger de quitter les campagnes que ce soit par l’émergence d’un conflit pour la possession de la terre (à cause de
l’expansion violente des grandes propriétés fortement mécanisées) ou par manque de conditions de production. En Argentine, on estime qu’au moins 300.000 petits producteurs ont été expulsés de
leurs terres et font partie aujourd’hui des poches de misère que l’on trouve dans tout le pays.
La menace sur la biodiversité est une autre conséquence de l’adoption de semences génétiquement modifiées. La production de
maïs transgénique dans les campagnes mexicaines a eu pour conséquence l’élimination de pratiquement la totalité des semences créoles, originaires du pays. Le risque de contamination avec le maïs
est assez élevé parce qu’il s’agit d’une semence 100 % pollinisable : le pollen est transporté par le vent sur de longues distances, provoquant la contamination des cultures
conventionnelles.
« La réduction de la diversité génétique signifie une limitation des possibilités d’un régime alimentaire riche et
varié. Cela menace la production alimentaire, l’augmentation des revenus, la capacité à surmonter les obstacles environnementaux et l’organisation des écosystèmes » affime
l’Organisation des Nations Unies pour l’agriculture et l’alimentation (FAO) dans son dernier rapport sur la sécurité alimentaire.
Au Venezuela, même si le président Chávez défend la conquête de la souveraineté alimentaire et le développement de la petite
agriculture, dans la pratique les choses sont différentes. Le directeur général du Bureau national de la diversité biologique du ministère de l’environnement, Jesús Ramos Oropeza, affirme que le
peu de pratique d’un modèle agricole durable a contribué à la réduction de la biodiversité dans le pays. « Même sans avoir utiliser les transgéniques, nous avons réduit la diversité des
semences à cause de pratiques agricoles productivistes » dit-il.
En attendant, le ministère de l’agriculture et des terres (MAT) nous a montré qu’il prétendait changer la logique de
production. Alors que l’on attend la récupération de 8.646.217 hectares de terre, propriété de l’état, pour la réforme agraire et le développement de coopératives agricoles, le modèle
« productiviste » est celui qui tend à être adopté. Pour Franco Manrique, du Comité des terres urbaines et de la coordination Rapalve, le « plan de culture » annoncé
par le MAT continue à privilégier les grands producteurs.
Selon l’Institut national d’investigation agricole (INIA), le projet de création d’un programme national de production de
semences devrait réduire de 25 % les importations. Ce qui signifie qu’une grande part des variétés utilisées pour le programme agricole vénézuélien ne seront pas produites dans le
pays.
« Il y a une série de contradictions dans ce processus. La solution consiste à produire nos propres semences et à
développer l’agriculture en faveur des petits producteurs afin de pouvoir garantir notre souveraineté alimentaire » affirme Manrique, qui a reproduit des semences de légumes dans de
petites coopératives dans l’ouest du pays à partir de techniques apprises des paysans du Mouvement des travailleurs ruraux sans terre (MST) brésilien. « Je crois que nous pourrons aussi
faire la révolution dans l’agriculture » affirme-t-il.
Notes:
[1] Voir à ce sujet : Jason Tockman, Le Venezuela interdit les semences
transgéniques, RISAL / Venezuelanlysis.com, avril 2004. (ndlr)
En cas de reproduction de cet article, veuillez indiquer les informations ci-dessous:
Source : Alia2 (http://www.alia2.net),
Traduction : Anne Vereecken, pour RISAL (http://risal.collectifs.net).
Les opinions exprimées et les arguments avancés dans cet article demeurent l'entière responsabilité de l'auteur-e et ne
reflètent pas nécessairement ceux du Réseau d'Information et de Solidarité avec l'Amérique Latine (RISAL).