Vendredi 11 juillet 2008 5 11 /07 /Juil /2008 15:03

 

  • La politique européenne tout d’abord. La France ayant pris la tête de la commission le 1er juillet 2008 et ce pour 6 mois, il se devait de couvrir l’évènement.

    Depuis Maastricht, ou le virage en épingle, la politique européenne se façonne sur le modèle de Washington, avec quelques dissonances certes, mais de moins en moins nombreuses ou de plus en plus étouffées et isolées.
     Le résultat, outre catastrophique tel que nous le percevons (la liste n’a besoin d’être énumérée, il suffit de constater le quotidien), a entraîné un scepticisme européen et un rejet des peuples de la constitution (la France par référendum en 2005 et dernièrement, le 20 juin les Irlandais). Cette attitude n’est pas une façon de promouvoir un  nationalisme, mais une action de contestation. Je ne le pense guère qu’il s’agit de se refermer sur soi. J’ai moi-même voté non au référendum de la constitution européenne en 2005 alors que je suis pro – Europe car me sentant fondamentalement et profondément européenne et pour une Europe des peuples, de la culture, de la créativité, de la découverte, de l’ouverture, de la pluralité, des échanges, telle que l’avais imaginé ses pairs. L’Europe peut beaucoup pour la stabilité du monde, et je veux croire en cette Europe là. Je suis contre cependant l’Europe bureaucratique que l’on tend à nous faire accepter, par fatalité du pire. Une Europe qui s’enferme et se perd dans ses directives, qui n’apporte aucune solution, au contraire. Elle échoue de plus en plus s’ouvrant dans son meilleur rôle, diplomatique, celui qu’elle a pour vocation de devoir jouer.

  • Politique européenne toujours et la colère des dirigeants d’Amérique latine :
    En marge de l’actualité nationale, il y a la décision européenne de renforcer les mesures face à l’immigration clandestine. Une attitude jugée en Amérique latine comme allant à l’encontre du respect des « droits de l’homme ». Position soutenue publiquement et objectivement par notamment Morales (en Bolivie) et Lula (au Brésil) – Chavez ayant une fois de plus joué la carte de la provocation -
    Une telle attitude n’est pas digne de l’Europe et de ce qu’elle est sensée représentée.  
    Ces derniers nous rappellent, à juste titre, que leurs pays ont été des terres d’accueil pour des millions d’Européens au cours des siècles derniers, et ce jusqu’il y a peu (fin des années 80 avec une inversion de tendance). Population qui fuyait la guerre, les dictatures, la misère. Une politique d’immigration rigide et dépourvue de respect des droits fondamentaux des hommes dont veut se doter les dirigeants européens va à l’encontre de nos valeurs et ne sert au final qu’à occulter leur propre échec face à la montée du chômage : fermetures d’usines à répétition, licenciements de masse, délocalisations en série, rachat de sociétés à tout va. Vouloir nous faire croire que l’étranger, en quête de survie, que le miséreux africain, latino américain est responsable des malheurs et des maux des pays de l’Occident. On ne quitte pas son pays comme ça, car contrairement à l’idée reçue, son pays on l’aime généralement. Si on le quitte c’est qu’il est dans la majorité des cas, mal dirigé ou oppresseur. C’est donc : par choix (ce que l’on appelle l’immigration positive dans quelque milieu), par amour (et donc souvent toléré) ou par nécessité, par instinct de survie dans la plupart des cas.
    Si au lieu d’encourager le pire, nos dirigeants européens, et notre super président en tête du cortège durant 6 mois, soutenaient d’avantage le mieux, la politique du mieux, ces hommes et ces femmes n’auraient pas besoin de fuir leur pays. Nous avons les moyens d’agir puisque nous leur fournissons tout notre le pire ou notre façon de la bâtir (fonds, logistique, arme, etc). Cela nécessiterait en contrepartie une réforme profonde de la répartition des pouvoirs, de la redistributions des richesses, du faire valoir des priorités et des objectifs, ceux que l’on annonce jamais ou que très rarement et de façon détournées ou par fuite.

 

  • Les logements sociaux ou le tour de passe-passe en bande-annonce.
    Durant la campagne présidentielle, et notamment lors de l’émission sur TF1 présentée par PPDA (je ne suis plus certaine du titre, mais il s’agissait de l’émission ou les candidats se trouvaient face au public de la Une), le candidat du moment, Nicolas S. , face aux Français donc, annonçait son ambition de vouloir une France des propriétaires, un peu comme l’avait désirée quelques années auparavant  l’administration de Washington, en laissant croire que chacun pouvait avoir accès à la propriété.  Cette ambition a été contrariée (et non remise en question) par l’émergence de la crise dite des subprimes, en août 2007. De nombreux ménages français ont échappé de justesse au pire (accumulation de dettes, diminution du pouvoir d’achat, montée de l’inflation), à savoir : vivre ce que des millions de ménages américains sont en train de vivre. Imaginez le scénario en France, avec une politique monétaire basée sur l’inflation (et par conséquent le maintient ou augmentation des taux directeurs!!) Il est facile d’imaginer ce que seraient devenues les échéances des prêts immobiliers. Nous venons de constater les failles, les limites, les risques et les dangers d’une telle politique, menée par les gouvernements ultra libéraux (USA, G-B) ou en symbioses avec les intérêts de l’ultra capitalisme (favoriser les multinationales, obtention de résultats à court terme) comme c’est le cas en France, en Italie par exemple.
    Aujourd’hui, cette ambition d’accès à la propriété n’est plus d’actualité comme telle, le commun des Français étant en quête de pouvoir d’achat pour subvenir à ses besoins vitaux, pensent d’avantage à vendre qu’à acheter. Le président relance néanmoins cette idée en la teintant, afin de contourner la loi qui impose un minimum de logements sociaux par commune. Les communes riches (comme Neuilly par exemple) qui ne veulent pas voir arriver dans leurs quartiers huppés des familles modestes ou issues souvent de l’immigration, peuvent faciliter la vente de ces logements à des personnes « choisies ». On a beau nous assurer (ou rassurer) derrière les propos de la ministre du logement, qu’il s’agit d’une mesure afin de permettre l’accès à la propriété, l’épisode des HLM de Paris est là pour nous rappeler ce qui se produit dans les faits, de nos jours.

  • Que fait l’opposition en France ? Que relayent les médias en France ? Chacun se pose la question et accuse l’autre de ne pas faire son boulot.
    Plutôt que de s’unir aux voix de défense des droits fondamentaux de l’Amérique latine, plutôt que de défendre les valeurs sociales (celle du logement en l’occurrence), le PS français, par exemple, cherche à élire sa tête.
    François Bayrou, de son côté, cherche à sauver son mouvement en rassemblant ses forces et ailleurs, c’est le silence qui règne. Nous sommes en juillet, et en juillet, la France c’est « Vacances, j’oublie tout » même les chances d’un futur ou d’un lendemain meilleur? La politique, c’est trop chiant, alors en vacances, n’en parlons pas !
    Il est vrai qu’entre la hausse du brut, la libération d’Ingrid Betancourt et la sortie du dernier opus de Carla Bruni, ou du dernier CD de la première dame de France, tous les esprits sont fort occupés. Je suis une partisane du « vacances j’oublie tout » (j’ai encore l’air en tête), cependant par les temps qui courent et tous les dérèglements qui se succèdent et s’entrecroisent (sociaux, financiers, économiques, environnementaux, climatiques) et les conflits ou menaces régnantes (la planète est un foyer à incendie), je me dis que la vigilance est de mise afin de garantir le futur et de préserver l’avenir, à défaut de lendemains qui chantent.

 

On salue et on élit des hommes qui se disent avoir changé et vouloir agir pour l’intérêt de tous. Un certain autrichien avait agit de même en 1939. On donne le bénéfice du doute. Après tout, la situation est tellement désespérée et urgente !? Nicolas Sarkozy a changé, Kadhafi a changé, Uribe a changé, on peut les passer en revue, ils ont tous changé. Normal dira-t’on, nous changeons tous.
Uribe, par exemple, puisque en pleine actualité. Ce dernier, proche du milieu des narco trafiquants, une vraie manne financière pour la Colombie. Il y a fort à parier qu’une grande partie de la richesse familiale y soit liée). Son père n’était-il pas reconnu comme un proche de Pablo Escobar ?. Uribe, celui que la presse internationale vient de saluer, ainsi que les différents responsables de la planète, pour son rôle dans la libération de la Franco-colombienne. Cette dernière, elle même, n’oubliera pas de remercier celui qui représentait ou incarnait hier encore un obstacle pour sortir son pays de plus d’un demi siècle de guérillas et de corruption, de violence et d’inégalités et de le remettre en route vers la croissance et la démocratie. Il a probablement changé, mais la Colombie demeure une terre en flammes.

On accepte, on pardonne aux puissants lorsqu’ils annoncent avoir changé. Ces derniers, une fois élus, ont tendance pourtant à devenir de moins en moins conciliants avec les récidivistes, la tolérance à l’erreur tend vers « zéro ». Notre président, N.S., ne propose t’il pas d’ailleurs, hors caméra mais en son on , d’agir directement sur le mal avant l’âge de 16 ans, auquel cas, il serait trop tard : « après 16ans, c’est foutu » souligne t’il -  voir lien sur marianne2.fr - image off, son on). Qui peut prétendre ne pas avoir changé depuis ses 16 ans ? C’est même une absurdité de poser la question tellement la réponse est évidente. C’est une ineptie totale. Plus grave encore, ces propos sont dangereux car discriminatoires et en fin de compte « extrêmes ». Lorsque l’on est, en démocratie, élu pour représenter les Français (et un courant de pensées) on ne peut pas agir en décideur unique, en petit prince, en roitelet ou autre souverain de la sorte. Ou la démocratie en France existe belle et bien, et dans ce cas, cette attitude (idem que celle à l’égard de la télévision publique) est inadmissible et dénonçable ; ou la France n’est plus qu’une démocratie bananière, et dans ce cas il faut avoir le courage de ses actions et de l’annoncer clairement. Cesser de pratiquer cette hypocrisie désuète et surtout dangereuse.

 

  • Environnement.

Le sommet du G8 vient de s’achever sans grande originalité et avancée, mais personne n’imaginait autre chose. En effet, les membres se donnent jusqu’en 2050 pour réduire de 50% l’émission de gaz à effet de serre. Un objectif dérisoire si on considère l’urgence de la situation, ce que tout le monde concède. Par ailleurs, alors qu’il aurait été recommandé et sensé d’appliquer les chiffres d’émission de 1990 (ce que certains mouvements et protagonistes demandaient), les Etats membres ont décidé de prendre les données actuelles, jugées pourtant dangereuses et insoutenables par les spécialistes.

De l’autre côté, au moment où l’Occident s’octroie un délai de pollution donc, elle exigé des pays du sud, en voie de développement, tels la Chine, l’Inde ou le Brésil, de faire un effort particulier. (Une sorte de « Faites ce que je dis et non ce que je fais »). Une manière détournée de montrée aux pays du sud la suprématie de l’Occident peut-être.

1.      Les efforts sont mis sur le taux d’émission de gaz aujourd’hui (dangereusement élevé) et non sur ceux de 1990 (qualifié par les spécialistes comme tolérable). Dans les mesures adoptées, il ne s’agit pas d’éradication, ni d’interdiction mais de réduction : 50% en 42ans, soit une FOUTAISE totale. C’est comme si un fumeur atteint d’un cancer des poumons annonçait réduire de 2 cigarettes par jour sa consommation, l’effet ne serait pas plus absurde et inutile.

2.      Se réunir pour aboutir à ça alors qu’il suffit à ces Etats d’instaurer l’émission de gaz à effet de serre zéro (ils ont préféré instaurer les crédits carbones, ou le droit de polluer en gagnant des crédits). Ils n’ont pas hésité à prendre des mesures rapides pour le terrorisme, pour la délinquance, pour le tabac et les récidivistes : La tolérance zéro. Il suffit d’une décision de la haute sphère pour une mise en application immédiate avec des résultats frôlant le 100%, tout le reste est de la paraphrase.

3.      On ne peut s’autoriser une diminution si anodine et exiger des pays du Sud une attitude dans ce domaine exemplaire. Ces derniers ayant longtemps été opprimés, en retard, etc., veulent également goûter au progrès. S’ils sont d’accord de faire des efforts, ils s’attendent à ce que nous leur montrions l’exemple. C’est tout l’inverse qui se produit. Certes, il est dangereux pour la planète entière de voir ces pays calquer notre mode de vie, toutefois agir comme nous le faisons n’incite rien de bon. Elle encourage la frustration, la montée de groupes hostiles à l’Occident, fait naître des colères, de l’indignation, entraînant la montée de courants extrêmes et violents. N’est-il pas déjà suffisant de constater toutes les zones de conflits présents sur la planète, au même moment.
Selon certains spécialistes géopolitiques de l’Afrique, le continent se transforme en nouvel Moyen orient, un vivrier de violence, propice au terrorisme. Pas parce que ces hommes sont plus dangereux que les autres, mais parce que la politique menée par l’Occident soutient, encourage, ferme les yeux, renvoie la balle et laisse un continent aux proies aux pillages et à la dérive.

 

Là aussi, il y aurait à faire, avec des résultats bien plus positifs qu’une politique d’immigration encore plus stricte….et que dit les personnes influentes qui ne font pas partie de la majorité au pouvoir ?? Pas grand-chose, malheureusement, car souvent en désaccord de principe , en compétition alors que semblables sur le fond.

 

Quant à notre facteur le plus célèbre, il est aujourd’hui indispensable à l’opposition, puisque n’étant quasiment que le seul contre écho rencontré. Toutefois, ses idées sont parfois trop arrêtées, voir perçues de façon extrême (de l’autre bord). Le capitalisme en tant qu’économie de marché n’est pas forcément un mal , il y a pas mal de bonnes choses mêmes, tant que des organes indépendants et fiables sont en place pour réguler le tout, tant que le monde de la banque répond de sa fonction principale, l’inverse de ce qu’il se passe aujourd’hui au sein des plus grandes institutions internationales, telles que le FMI, la banque mondiale, la FDA, l’OMC, etc.

 

Dernièrement, Ségolène Royal, par le biais de Désir d’Avenir a sollicité les partisans quant aux moyens de répondre à certaines questions. Une démarche en soi positive, mais incomplète il me semble. Il serait présomptueux de vouloir répondre de manière efficace à ces dernières questions ou préoccupations, si celles énoncées plus haut ne suscitent aucune remarque ou prise d’action immédiate.

Les priorités ne sont probablement pas les mêmes entre citoyens et politiques, pourtant elles devraient l’être, surtout quand une majorité ne se retrouve plus dans les projets de ses dirigeants, de ses représentants, ce qu’est au final, dans une démocratie digne de se nom, un élu du peuple, non ?

 

Trop de blabla me dit cet homme là, trop de blabla, j’ai donné déjà…Princesse Erika

 

 



Par DELSHA - Publié dans : Thèmes généraux - Communauté : (Re)pensez le monde
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Commentaires

Oui Delsha, la vigilance doit être de mise mêm pendant cette période estivale.
Commentaire n°1 posté par Alain le 11/07/2008 à 19h29

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